Inass Touloub : la véritable histoire de la petite martyre de l’A10

Le 11 août 1987, le corps d’une petite fille est découvert au bord de l’autoroute A10, près de Suèvres, dans le Loir-et-Cher. L’enfant, âgée de seulement quatre ans, porte les traces de violences répétées. Personne ne connaît son identité. Pendant plus de trente ans, elle restera surnommée « la petite martyre de l’A10 ».

Ce n’est qu’en 2018 que les enquêteurs parviennent à lui rendre son nom : Inass Touloub. Une avancée rendue possible grâce à l’ADN et à une correspondance génétique inattendue.

Près de quarante ans après sa mort, l’affaire revient au premier plan de l’actualité. France Télévisions annonce une série documentaire à partir du 26 octobre 2026, tandis que les parents d’Inass doivent comparaître devant la cour d’assises du Loir-et-Cher du 2 au 18 novembre.

Qui était réellement Inass Touloub ? Comment son corps a-t-il pu rester non identifié pendant trois décennies ? Pourquoi ses parents sont-ils aujourd’hui poursuivis ? Retour sur l’histoire vraie de l’un des plus anciens cold cases français.

Qui était Inass Touloub, la petite martyre de l’A10 ?

Inass Touloub est née le 3 juillet 1983 à Casablanca, au Maroc. Elle était issue d’une famille de sept enfants.

Selon les éléments de l’enquête rapportés par la presse, elle aurait passé les premiers mois de sa vie auprès de sa grand-mère maternelle avant de rejoindre ses parents, installés en région parisienne.

En août 1987, Inass n’a que quatre ans.

Son existence administrative était pourtant connue : elle avait été déclarée à l’état civil, figurait sur le livret de famille et apparaissait dans des fichiers administratifs. Une inscription à l’école maternelle avait également été évoquée, sans qu’elle ait effectivement été scolarisée.

Ces éléments rendent sa disparition d’autant plus troublante.

Comment une enfant dont l’existence était enregistrée a-t-elle pu mourir sans être identifiée pendant plus de trente ans ?

La réponse tient notamment aux limites des investigations de l’époque et à l’absence de rapprochement immédiat entre la fillette retrouvée près de l’autoroute et une famille précise.

Pour mieux comprendre son parcours, La Dépêche du Midi a publié en octobre 2026 un récit détaillé de l’affaire.

Que s’est-il passé le 11 août 1987 sur l’autoroute A10 ?

Le 11 août 1987, des agents de l’autoroute découvrent le corps sans vie d’une fillette près de Suèvres, dans le Loir-et-Cher.

L’enfant se trouve dans un fossé, enveloppée dans une couverture.

Les premières constatations révèlent qu’elle a subi de nombreuses violences.

Son corps présente notamment des ecchymoses, des brûlures, des morsures et des blessures anciennes. Plusieurs lésions témoignent de sévices qui ne se limitent pas nécessairement aux dernières heures de sa vie.

Les enquêteurs comprennent rapidement qu’ils ne sont pas confrontés à un simple accident.

La fillette a été victime de violences graves et répétées.

Mais aucun document ne permet de l’identifier.

Ni son nom, ni son adresse, ni l’identité de sa famille ne sont alors connus.

C’est le début d’une enquête qui va durer plusieurs décennies.

Pourquoi l’a-t-on surnommée « la petite martyre de l’A10 » ?

Le surnom apparaît en raison des violences constatées sur son corps et du lieu où elle a été retrouvée.

Faute de connaître son prénom, les médias et les enquêteurs parlent de la « petite martyre de l’A10 ».

Cette expression finit par devenir indissociable de l’affaire.

Elle témoigne aussi d’une réalité particulièrement douloureuse : pendant plus de trente ans, la victime est connue principalement par les circonstances de sa mort, et non par son identité.

Aujourd’hui, il est essentiel de rappeler qu’elle s’appelait Inass Touloub.

Pourquoi Inass Touloub est-elle restée inconnue pendant 31 ans ?

Après la découverte du corps, les enquêteurs cherchent d’abord à déterminer qui est cette enfant.

Des photographies sont diffusées, des appels à témoins sont lancés et de nombreuses vérifications sont effectuées.

Les investigations portent notamment sur les signalements d’enfants disparus et les établissements scolaires.

Mais aucune piste ne permet d’identifier la victime.

Deux décisions de non-lieu interviennent, en 1991 puis en 1997, après des recherches infructueuses.

L’affaire devient progressivement un cold case, c’est-à-dire une enquête criminelle ancienne restée non résolue.

Pourtant, le dossier n’est pas définitivement oublié.

Les progrès de la génétique judiciaire vont permettre de reprendre l’examen de certains scellés.

Des traces ADN sont identifiées sur des éléments conservés depuis la découverte du corps.

Pendant plusieurs années, elles ne correspondent toutefois à aucun profil permettant de retrouver directement la famille de l’enfant.

Il faudra attendre une correspondance inattendue pour que l’enquête connaisse enfin un tournant décisif.

L’affaire Inass Touloub rappelle combien certaines enquêtes criminelles peuvent nécessiter des années avant que de nouveaux éléments permettent aux enquêteurs de progresser. Une autre affaire française, celle du meurtre d’Élodie Kulik, illustre elle aussi la longueur et la complexité de certaines investigations.

Comment l’ADN a-t-il permis d’identifier Inass Touloub en 2018 ?

La résolution de l’énigme de l’identité d’Inass repose sur le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG).

Ce fichier permet notamment de comparer des profils ADN recueillis dans le cadre d’enquêtes judiciaires.

À la suite d’une affaire de violences impliquant un jeune homme, son profil génétique est enregistré dans le fichier.

Les enquêteurs établissent alors un rapprochement avec les traces ADN conservées dans le dossier de la fillette retrouvée en 1987.

Ce jeune homme se révèle être le frère d’Inass, né après elle.

Cette correspondance permet de remonter jusqu’à sa famille.

En 2018, les gendarmes peuvent enfin identifier la petite victime.

Elle s’appelait Inass Touloub.

Trente et un ans après la découverte de son corps, l’enfant retrouve officiellement une identité.

Cette avancée est l’un des aspects les plus marquants de l’affaire. Elle montre comment la conservation des scellés et l’évolution des techniques scientifiques peuvent permettre de relancer des enquêtes très anciennes.

Mais l’identification d’Inass ne répond pas à toutes les questions.

Il reste à déterminer qui lui a infligé les violences ayant provoqué sa mort et dans quelles circonstances.

Qui sont les parents d’Inass Touloub ?

Les parents d’Inass Touloub sont Ahmed Touloub et Halima El Bakhti.

Après l’identification de leur fille, les enquêteurs de la section de recherches d’Orléans s’intéressent à leur parcours et à la vie familiale dans les années précédant la mort de l’enfant.

Le 12 juin 2018, les deux parents sont interpellés.

Le père est arrêté à Puteaux, dans les Hauts-de-Seine, et la mère à Villers-Cotterêts, dans l’Aisne.

Les investigations portent notamment sur les violences que la fillette aurait subies dans son environnement familial.

D’après les éléments rapportés par la presse, les parents ont livré des déclarations divergentes au cours de la procédure.

Ahmed Touloub a mis en cause son ancienne épouse. Halima El Bakhti a reconnu certains actes de violence, tout en contestant être responsable de la mort de sa fille.

Ces déclarations doivent être replacées dans le cadre d’une procédure judiciaire encore en cours.

Au 12 octobre 2026, aucun verdict définitif n’a été rendu à l’issue du procès annoncé pour novembre. Les deux accusés bénéficient de la présomption d’innocence.

Pourquoi les parents d’Inass Touloub sont-ils jugés en 2026 ?

L’affaire a donné lieu à une longue procédure judiciaire, marquée notamment par des débats sur les qualifications pénales et les questions de prescription.

Après l’identification de l’enfant et l’interpellation de ses parents en 2018, plusieurs recours ont retardé la tenue d’un procès.

En septembre 2024, une décision de la Cour de cassation a permis à la procédure de progresser vers un jugement devant une cour d’assises.

Selon les informations judiciaires rendues publiques, Halima El Bakhti doit répondre d’accusations de tortures et actes de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Ahmed Touloub doit, quant à lui, comparaître pour complicité.

Ces qualifications désignent les accusations examinées par la justice. Elles ne constituent pas une déclaration de culpabilité.

Le procès doit permettre d’examiner les éléments réunis au cours des investigations, d’entendre les parties et de confronter les différentes versions des faits.

L’un des enjeux sera de déterminer les responsabilités pénales éventuelles dans la mort d’Inass, près de quatre décennies après les faits.

Pour comprendre les accusations et les difficultés procédurales, voir également l’article de TF1 Info consacré au procès annoncé en 2026.

Ces affaires montrent également pourquoi les faits divers français inspirent régulièrement des œuvres audiovisuelles. La série Sambre, inspirée de l’affaire du violeur de la Sambre, en constitue un autre exemple.

Quand aura lieu le procès de la petite martyre de l’A10 ?

Le procès est programmé du 2 au 18 novembre 2026, devant la cour d’assises du Loir-et-Cher, à Blois.

Ces dates correspondent au calendrier communiqué par France Télévisions le 5 octobre 2026 et repris par l’Association de la presse judiciaire.

Certains articles publiés plus tôt dans l’année mentionnent d’autres dates. Le calendrier a été modifié depuis ces premières annonces.

L’affaire présente plusieurs difficultés particulières.

Les faits remontent à 1987, ce qui implique de revenir sur des témoignages et des investigations très anciens.

Les enquêteurs ont dû travailler à partir d’indices matériels conservés pendant plusieurs décennies.

Enfin, le procès intervient alors que la victime aurait aujourd’hui plus de quarante ans.

Il constitue donc un rendez-vous judiciaire majeur pour cette affaire, même si son issue ne peut être présumée.

Quel documentaire raconte l’histoire d’Inass Touloub ?

À l’approche du procès, ICI Centre-Val de Loire et france.tv annoncent une série spéciale consacrée à la petite martyre de l’A10, diffusée à partir du 26 octobre 2026.

Selon le communiqué officiel de France Télévisions publié le 5 octobre 2026, cette programmation doit revenir sur les grandes étapes de l’enquête et les enjeux du procès.

La série comprend notamment des épisodes consacrés à la découverte du corps, aux investigations, à l’identification génétique, à l’histoire familiale et à la procédure judiciaire.

Les derniers épisodes annoncés sont :

  • Mercredi 28 octobre : le dénouement, consacré à l’identification d’Inass grâce à l’ADN.
  • Jeudi 29 octobre : la famille, sur l’interpellation des parents et les éléments révélés par l’enquête.
  • Vendredi 30 octobre : le procès, consacré aux enjeux judiciaires de cette affaire ancienne.

Une édition spéciale du journal régional est également prévue à l’ouverture du procès, le 2 novembre.

Cette nouvelle couverture médiatique intervient dans un contexte particulier : le dossier est désormais à la veille de son examen devant une cour d’assises.

Existe-t-il d’autres documentaires sur Inass Touloub ?

Oui. L’affaire a déjà fait l’objet d’une série documentaire intitulée Inass, la petite martyre de l’A10, produite en 2024 et diffusée notamment sur les chaînes Planète+.

Cette production revient sur la découverte du corps, les fausses pistes, les nouvelles analyses génétiques et l’identification de la fillette.

Il faut donc distinguer cette série documentaire antérieure de la programmation annoncée par France Télévisions pour octobre 2026.

Pourquoi l’affaire Inass Touloub a-t-elle autant marqué la France ?

L’affaire réunit plusieurs éléments qui expliquent sa place particulière dans l’histoire criminelle française.

D’abord, la victime était une enfant de quatre ans ayant subi des violences particulièrement graves.

Ensuite, son identité est restée inconnue pendant plus de trente ans, malgré les efforts des enquêteurs.

Enfin, c’est une correspondance génétique avec un membre de sa famille qui a permis de relancer les investigations.

Mais l’histoire d’Inass ne se résume pas à une prouesse scientifique ou à une énigme criminelle.

Elle soulève également des questions sur la protection de l’enfance, le repérage des disparitions, la conservation des preuves et la capacité de la justice à examiner des faits très anciens.

À Suèvres, la mémoire de la fillette est restée vivante bien avant son identification.

Des habitants ont entretenu sa sépulture et continué à se souvenir de cette enfant dont ils ignoraient le nom.

Cette fidélité à sa mémoire donne à l’affaire une dimension humaine qui dépasse largement le seul cadre judiciaire.

Inass Touloub : les dates essentielles de l’affaire

DateÉvénement
3 juillet 1983Naissance d’Inass Touloub à Casablanca
11 août 1987Découverte du corps près de l’autoroute A10, à Suèvres
1991 et 1997Décisions de non-lieu après des investigations infructueuses
Années 2000Nouvelles analyses génétiques sur les scellés
2017-2018Rapprochement ADN permettant de retrouver la famille
12 juin 2018Interpellation des parents
Septembre 2024Décision de la Cour de cassation ouvrant la voie au procès
26 octobre 2026Début de la programmation spéciale sur ICI et france.tv
2 au 18 novembre 2026Procès annoncé devant la cour d’assises du Loir-et-Cher

L’histoire d’Inass Touloub, bien au-delà d’un cold case

Pendant trente et un ans, Inass Touloub n’a été connue que sous un surnom lié à sa mort : la petite martyre de l’A10.

L’identification obtenue en 2018 a permis de lui rendre son prénom, son nom et une partie de son histoire.

Le procès annoncé en novembre 2026 représente une nouvelle étape, mais il ne faut pas confondre la tenue d’une audience avec la résolution judiciaire définitive de l’affaire.

Les accusations devront être examinées contradictoirement par la cour.

Au-delà des investigations, des documentaires et des débats judiciaires, l’essentiel reste de ne pas oublier la victime.

Inass Touloub était une petite fille de quatre ans. Son histoire mérite d’être racontée avec précision, dignité et respect de la vérité judiciaire.

Article publié le 12 octobre 2026. Les informations relatives au procès correspondent au calendrier connu à cette date. Ce contenu sera actualisé en fonction des développements judiciaires.

Sources

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