Lizzie Borden était-elle coupable ? Ce que les preuves permettent réellement d’affirmer

Lizzie Borden a-t-elle réellement tué son père et sa belle-mère à coups de hache le 4 août 1892 ? Plus de 130 ans après les meurtres d’Andrew et Abby Borden, la question reste sans réponse définitive.

Lizzie Borden a bien été accusée du double meurtre, arrêtée, jugée et acquittée en 1893. Mais son acquittement n’a jamais permis d’établir qu’elle était innocente. À l’inverse, les soupçons qui ont pesé sur elle ne suffisent pas à démontrer qu’elle était coupable.

C’est précisément ce qui rend l’affaire Borden aussi fascinante : le dossier contient suffisamment d’éléments troublants pour alimenter le doute, mais pas suffisamment de preuves pour établir avec certitude que Lizzie était la meurtrière.

Alors, que sait-on réellement ?

En bref : Lizzie Borden était-elle coupable ?

On ne peut pas l’affirmer.

Lizzie Borden a été accusée d’avoir tué son père Andrew et sa belle-mère Abby le 4 août 1892, à Fall River, dans le Massachusetts. Elle a été arrêtée le 11 août 1892 puis jugée en juin 1893. Le 20 juin, le jury l’a déclarée non coupable des deux meurtres.

L’affaire n’a donc jamais abouti à une condamnation de Lizzie.

Cela ne signifie pas que les historiens disposent aujourd’hui d’une preuve démontrant son innocence. La question de savoir si elle a réellement commis les meurtres reste ouverte. La Library of Congress elle-même présente encore l’affaire comme une énigme non résolue.

Que s’est-il passé le 4 août 1892 ?

Le matin du 4 août 1892, Andrew et Abby Borden se trouvent dans leur maison de Fall River.

Andrew est retrouvé mort sur le canapé du salon. Abby est découverte à l’étage, dans une chambre d’amis. Tous deux ont été tués à coups d’une arme tranchante décrite dans les sources comme une hache ou une arme de type hachette.

Les meurtres sont particulièrement violents et provoquent rapidement un immense retentissement dans la presse américaine.

La Library of Congress confirme la date du double meurtre et le fait qu’Andrew et Abby ont été tués dans leur maison. Des journaux de l’époque ont ensuite largement couvert l’enquête, l’arrestation de Lizzie puis son procès.

Mais une question fondamentale demeure : qui les a tués ?

C’est là que le dossier devient beaucoup plus compliqué.

Pourquoi Lizzie Borden est-elle devenue suspecte ?

Lizzie est la fille d’Andrew Borden et vit alors avec son père, sa belle-mère Abby et leur domestique, Bridget Sullivan.

Elle se trouve dans la maison au moment où son père est tué et c’est elle qui alerte ensuite les personnes présentes à proximité.

Très rapidement, les enquêteurs s’intéressent donc à elle.

Mais la suspicion ne repose pas sur une seule preuve décisive. Elle résulte d’un ensemble de circonstances, de témoignages et de déclarations considérées comme suspectes par l’accusation.

Parmi les éléments qui ont alimenté les soupçons figurent notamment les versions données par Lizzie concernant ses déplacements et ses activités le matin des meurtres, ainsi que certaines contradictions relevées au cours de l’enquête.

L’affaire va également se compliquer autour de la question d’une éventuelle tentative d’achat de poison et de vêtements que Lizzie aurait brûlés après les meurtres. Ces éléments ont été exploités par l’accusation, mais ils ne constituent pas, à eux seuls, une preuve qu’elle a tué son père et sa belle-mère.

Les journaux de 1892 et de 1893 montrent d’ailleurs à quel point l’affaire a rapidement été transformée en véritable phénomène médiatique. La Library of Congress conserve aujourd’hui une sélection de ces articles contemporains, notamment ceux consacrés à l’arrestation de Lizzie et à son procès.

L’arme du crime a-t-elle été retrouvée ?

C’est l’un des points qui entretient encore le mystère.

Plusieurs haches et objets susceptibles d’avoir servi à commettre les meurtres ont été examinés au cours de l’enquête. Mais il n’existe pas de démonstration incontestable permettant aujourd’hui de dire : cette arme est définitivement celle utilisée pour tuer Andrew et Abby Borden.

La Fall River Historical Society conserve d’ailleurs une importante collection consacrée à l’affaire, comprenant notamment des pièces originales du procès, des photographies, des documents, des éléments médico-légaux et l’arme supposée du crime.

Cette distinction est importante : conserver une arme présentée comme liée à l’affaire ne signifie pas que son rôle dans les meurtres a été définitivement établi.

Y avait-il du sang sur les vêtements de Lizzie ?

C’est l’une des images les plus persistantes associées à l’affaire.

La question des vêtements de Lizzie a effectivement occupé une place dans l’enquête et le procès. La presse de l’époque s’est notamment intéressée à la destruction d’une robe.

Mais là encore, il faut éviter de transformer un élément du dossier en preuve absolue.

La presse de 1893 a largement commenté cette histoire, notamment à travers des articles consacrés à la robe que Lizzie aurait brûlée.

Or, brûler un vêtement ne permet pas à lui seul de démontrer que sa propriétaire était l’auteur d’un meurtre.

La question était de savoir pourquoi Lizzie avait détruit cette robe et si elle cherchait à faire disparaître une preuve. L’accusation pouvait y voir un comportement compromettant ; la défense pouvait proposer une autre interprétation.

C’est précisément ce genre d’élément ambigu qui a nourri le débat autour de sa culpabilité pendant des décennies.

Lizzie avait-elle un mobile ?

C’est probablement l’une des questions les plus difficiles.

Pour qu’une théorie de culpabilité soit convaincante, il faut comprendre pourquoi Lizzie aurait voulu tuer son père et sa belle-mère.

La famille Borden connaissait des tensions. Andrew était décrit comme un homme fortuné mais particulièrement économe, et les relations familiales étaient loin d’être idylliques.

Lizzie et sa sœur Emma vivaient avec leur père et leur belle-mère, Abby. Les rapports entre les membres de la famille ont depuis fait l’objet de nombreuses interprétations.

Mais avoir un conflit familial ou un ressentiment ne constitue pas un mobile criminel démontré.

C’est une distinction souvent perdue dans les récits consacrés à Lizzie Borden : une partie des explications proposées aujourd’hui repose sur des interprétations psychologiques ou sur des reconstructions de la vie familiale qui ne peuvent pas être considérées comme des faits établis.

Et l’histoire du poison ?

Un autre élément souvent évoqué concerne le poison.

Lizzie Borden aurait cherché à se procurer de l’acide prussique, également appelé acide cyanhydrique ou prussiate d’hydrogène, avant les meurtres. Cette question a été examinée dans le contexte de l’enquête.

Le problème est évident : vouloir obtenir un poison ne prouve pas que l’on a tué quelqu’un avec une hache.

L’élément peut être considéré comme troublant, mais il ne permet pas à lui seul de relier Lizzie aux deux meurtres.

La série Monstre : L’histoire de Lizzie Borden utilise d’ailleurs cet élément historique en le transformant pour les besoins du récit. Netflix précise que plusieurs événements réels ont été profondément dramatisés dans la série.

Pourquoi Lizzie Borden a-t-elle été acquittée ?

C’est probablement le point le plus important pour comprendre l’affaire.

Le procès de Lizzie Borden débute le 5 juin 1893 à New Bedford. Le 20 juin, après le procès, elle est déclarée non coupable et acquittée.

Autrement dit, le jury n’a pas estimé que l’accusation avait démontré sa culpabilité au-delà du doute raisonnable.

Ce résultat est fondamental.

On peut aujourd’hui avoir des soupçons sur Lizzie. On peut trouver certains de ses comportements étranges. On peut même considérer certaines hypothèses comme plausibles.

Mais cela ne change pas le résultat judiciaire : Lizzie Borden n’a pas été reconnue coupable des meurtres d’Andrew et Abby Borden.

La Fall River Historical Society rappelle elle aussi que Lizzie a été acquittée de toutes les accusations portées contre elle.

L’acquittement signifie-t-il que Lizzie était innocente ?

Pas nécessairement.

C’est là que se trouve la nuance essentielle entre innocence et absence de culpabilité démontrée.

Un acquittement signifie que la culpabilité n’a pas été établie au terme du procès. Il ne permet pas, plus d’un siècle plus tard, de conclure automatiquement que Lizzie était l’auteur des meurtres ou, à l’inverse, qu’elle n’avait absolument aucun rôle dans ce qui s’est passé.

La justice a tranché une question précise : Lizzie Borden devait-elle être condamnée pour ces meurtres sur la base des preuves présentées au procès ?

La réponse du jury a été non.

L’histoire, elle, continue de poser une autre question : qui a réellement tué Andrew et Abby Borden ?

Et cette question reste ouverte.

Que pensait la population après le procès ?

L’acquittement n’a pas fait disparaître les soupçons.

Lizzie retourne à Fall River après son procès et mène ensuite une vie privée relativement aisée. Mais son nom reste définitivement associé aux meurtres.

La Fall River Historical Society décrit le dossier comme l’un des grands mystères non résolus de l’histoire criminelle américaine et souligne que les soupçons ont continué à peser sur Lizzie malgré son acquittement.

Cette situation a contribué à créer une figure presque mythologique : Lizzie Borden est devenue, dans l’imaginaire collectif, une meurtrière présumée dont la culpabilité semble parfois considérée comme acquise alors qu’elle n’a jamais été condamnée.

La célèbre comptine américaine sur les « quarante coups » a également largement contribué à cette image.

Mais la réalité historique est beaucoup moins simple.

Lizzie Borden était-elle réellement la meurtrière ?

Ce que l’on peut affirmer

On peut établir plusieurs faits avec certitude :

  • Andrew et Abby Borden ont été assassinés le 4 août 1892.
  • Lizzie Borden se trouvait dans la maison.
  • Elle a été soupçonnée puis arrêtée.
  • Elle a été inculpée et jugée.
  • Son procès a commencé le 5 juin 1893.
  • Elle a été acquittée le 20 juin 1893.
  • Les meurtres n’ont jamais donné lieu à une condamnation de Lizzie.

Ces éléments sont documentés par les archives historiques, notamment celles de la Library of Congress.

Ce que l’on ne peut pas affirmer

En revanche, il est impossible d’affirmer comme un fait que :

  • Lizzie a effectivement tué son père et sa belle-mère ;
  • elle était seule lorsqu’ils ont été assassinés ;
  • une arme précise conservée aujourd’hui est définitivement l’arme du crime ;
  • elle a détruit ses vêtements pour faire disparaître du sang provenant des meurtres ;
  • elle avait nécessairement prémédité les assassinats ;
  • les tensions familiales constituent à elles seules le mobile du double meurtre.

Ces hypothèses existent depuis plus d’un siècle, mais elles ne doivent pas être présentées comme des certitudes.

Pourquoi le doute persiste-t-il encore aujourd’hui ?

Parce que l’affaire réunit presque tous les ingrédients d’un mystère criminel.

Deux personnes sont assassinées chez elles. Leur fille est présente. L’enquête s’intéresse rapidement à elle. Le dossier contient des éléments troublants mais discutables. Le procès passionne la presse nationale. Puis Lizzie est acquittée.

Et surtout, il n’y a jamais eu de réponse judiciaire définitive à la question de l’identité du meurtrier.

La Fall River Historical Society possède encore aujourd’hui une impressionnante quantité de documents et de pièces originales liés à l’affaire, notamment des éléments du procès et des documents permettant aux chercheurs de continuer à étudier le dossier.

C’est aussi ce qui explique pourquoi l’histoire de Lizzie Borden continue d’être adaptée au cinéma, à la télévision, dans les livres et désormais dans Monstre : L’histoire de Lizzie Borden.

Que change la série Netflix ?

La série de Ryan Murphy et Ian Brennan s’appuie bien sur une affaire réelle, mais elle ne prétend pas reconstituer fidèlement chaque événement historique.

Netflix présente lui-même la série comme une version fortement fictionnalisée de l’histoire de Lizzie Borden. Certains éléments réels sont conservés tandis que d’autres sont modifiés, développés ou entièrement imaginés pour construire le récit.

La relation entre Lizzie et Bridget « Maggie » Sullivan en est un exemple particulièrement important.

Bridget Sullivan était bien la domestique de la famille Borden. En revanche, la relation amoureuse très centrale dans la série appartient à la fiction dramatique de Netflix et ne doit pas être présentée comme un fait historique établi. Netflix précise d’ailleurs que la série utilise des éléments de la vie réelle tout en comblant les zones d’ombre avec une importante part de fiction.

La présence d’Aileen Wuornos dans la série relève elle aussi de cette construction narrative : Netflix explique que le personnage intervient dans une partie située des décennies après l’affaire Borden et sert notamment à explorer la manière dont l’histoire de Lizzie a traversé le temps.

Pour savoir précisément ce que la série conserve de l’histoire vraie et ce qu’elle invente, notre article consacré à la fidélité historique de Monstre : L’histoire de Lizzie Borden permet d’aller plus loin.

Alors, coupable ou innocente ?

La réponse la plus honnête est finalement la moins spectaculaire :

Nous ne savons pas.

Lizzie Borden a été accusée d’un double meurtre, puis acquittée. Les éléments qui ont nourri les soupçons à son encontre sont réels et documentés, mais ils ne permettent pas de transformer une hypothèse en certitude.

Plus de 130 ans après les faits, le dossier reste suffisamment incomplet pour que la question demeure ouverte.

Dire que Lizzie Borden était certainement coupable revient à aller au-delà de ce que les preuves permettent d’établir.

Dire que son acquittement prouve qu’elle était certainement innocente va également au-delà de ce que l’histoire permet de démontrer.

La seule certitude judiciaire est qu’elle n’a pas été reconnue coupable.

Et c’est précisément cette zone grise qui a transformé Lizzie Borden en l’une des figures les plus célèbres de l’histoire du true crime américain.

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Sources principales

Cet article s’appuie notamment sur les archives et sources suivantes :

  • Library of Congress – archives consacrées à l’arrestation, au procès et à l’affaire Lizzie Borden.
  • Library of Congress – Chronicling America — articles de presse américains publiés au moment de l’enquête et du procès.
  • Fall River Historical Society – collection historique consacrée à Lizzie Borden, comprenant notamment des documents et pièces liés à l’affaire.
  • Netflix Tudum – informations officielles sur la série Monstre : L’histoire de Lizzie Borden et les éléments historiques dont elle s’inspire.

FAQ – Lizzie Borden était-elle coupable ?

Lizzie Borden a-t-elle été reconnue coupable ?

Non. Lizzie Borden a été jugée en juin 1893 et acquittée le 20 juin 1893 des accusations concernant les meurtres de son père Andrew et de sa belle-mère Abby.

Qui Lizzie Borden était-elle accusée d’avoir tué ?

Elle était accusée d’avoir tué son père, Andrew Borden, et sa belle-mère, Abby Borden, le 4 août 1892 à Fall River, dans le Massachusetts.

A-t-on retrouvé l’arme du crime ?

Plusieurs objets ont été examinés dans le cadre de l’enquête, et la Fall River Historical Society conserve notamment une arme présentée comme liée à l’affaire. Mais cela ne permet pas d’affirmer avec certitude qu’un objet précis conservé aujourd’hui est l’arme ayant servi aux meurtres.

Lizzie Borden a-t-elle avoué les meurtres ?

Non. Elle n’a jamais été condamnée pour ces crimes et a toujours contesté les accusations portées contre elle.

Pourquoi Lizzie Borden est-elle devenue célèbre ?

Son arrestation et son procès ont suscité un immense intérêt médiatique aux États-Unis. La Library of Congress conserve aujourd’hui de nombreux articles de presse de 1892 et 1893 consacrés à l’affaire.

L’histoire racontée dans la série Netflix est-elle vraie ?

La série s’inspire d’une affaire réelle, mais Netflix indique lui-même qu’il s’agit d’une version fortement fictionnalisée de l’histoire de Lizzie Borden. Plusieurs relations, événements et situations sont donc dramatisés ou inventés pour les besoins de la série.

Conclusion

Lizzie Borden est-elle coupable ?

Après plus d’un siècle, aucune réponse définitive ne permet de transformer le soupçon en certitude.

La justice de 1893 l’a acquittée. Les archives permettent de comprendre pourquoi elle avait été soupçonnée, mais elles ne permettent pas aujourd’hui d’affirmer qu’elle était bien l’auteur des deux meurtres.

C’est peut-être finalement ce qui rend cette affaire aussi fascinante : Lizzie Borden est devenue l’une des accusées les plus célèbres de l’histoire américaine sans jamais être condamnée pour le crime qui a fait sa légende.

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