BAC Nord, l'histoire vraie du scandale policier

BAC Nord : Policiers corrompus, vol et trafic de drogue, l’histoire vraie du scandale policier qui a défrayé la chronique

Sorti en salle le 18 août 2021, BAC Nord est un film signé Cédric Jimenez qui nous plonge dans l’univers de la Brigade Anti-Criminlaité (BAC) des quartiers Nord de Marseille. À l’affiche, vous retrouvez Gilles Lellouche, François Civil et Karim Leklou qui interprètent des « baqueux » dont les méthodes deviennent de plus en plus border-line, à mesure que la violence et la délinquance monte dans le quartier Nord. Mais leurs agissements douteux finissent par se savoir et les policiers se retrouvent confrontés à la justice. BAC Nord est donc un polar aux scènes d’action tendues qui s’inspire d’une histoire vraie, celle du scandale policier qui a secoué jusque dans l’hémicycle en 2012. Toutefois, le film BAC Nord n’est pas un documentaire, mais un film écrit d’après des faits réels. Il s’inspire donc d’une base, mais offre un récit romancé, qui n’est pas fait pour coller à la réalité. Voici donc la véritable histoire de Bac Nord.

BAC Nord, la bande-annonce

Octobre 2012, la BAC Nord tombe de son piédestal

2 octobre 2012, l’IGPN (l’Inspection Générale de la Police Nationale) perquisitionne les locaux de la BAC Nord de Marseille pour soupçons de corruption. Suite à cette descente, 12 policiers sont alors interpellés.

Ce matin-là, tous les médias s’emballent, l’affaire fait la une de tous les journaux, mais aussi des chaînes de télé et de radio. La sphère médiatique ne parle plus que de ça, et on apprend que suite à des dénonciations internes, les policiers arrêtés sont soupçonnés de vol, de corruption et d’extorsion en bande organisée. De plus, ils sont soupçonnés de détention, d’acquisition et de transport de stupéfiants.

Au fil des heures et des jours, nous apprenons aussi que les « baqueux » étaient sur écoute depuis plusieurs semaines, et que même leurs voitures étaient sonorisées. De plus, il est dit que plusieurs témoignages internes convergent et seraient en la défaveur de la BAC Nord.

« La sonorisation des véhicules, entre mai et septembre, a révélé des conversations accablantes sur des pratiques délictueuses en cours. Récupération de drogue sur des dealers, de cigarettes, partage d’argent de drogue, méthodes de perquisitions illégales, le tout répété dans le temps. »

Jacques Dallest, procureur de la République à Marseille

Si l’affaire fait grand bruit, c’est aussi parce que depuis la création de la BAC, la BAC Nord de Marseille est considérée comme la meilleure équipe anti-criminalité de France. C’est celle qui obtient les meilleurs résultats et parvient à déjouer pas mal de « gros coups ». Souvent citée en exemple, et notamment par le monde politique aux moments opportuns, le choc de la nouvelle n’en est que plus violent.

Les réactions ne se font donc pas attendre, et chacun y va de son avis, de son opinion et clame sa soif de sanctions exemplaires. Les médias et les politiques jouent à la surenchère. Il faut dire, qu’une telle affaire ne tâche pas uniquement la BAC, mais également tous les corps de police, jusqu’aux fonctions les plus hautes.

BAC Nord : Policiers corrompus, vol et trafic de drogue, l'histoire vraie du scandale policier qui a défrayé la chronique
Sur le tournage de BAC Nord, avec Yass (Karim Leklou), Antoine (François Civil), le réalisateur Cédric Jimenez et Greg (Gilles Lellouche). Ceédit photo : JÉRÔME MACE/CHIFOUMI PRODUCTIONS

Une trentaine de policiers de la brigade du Nord interpellés

Finalement, dans l’affaire de la BAC Nord, il y eut une trentaine de policiers confrontés pour vol et extorsion en bande organisée, acquisition, détention et transport non autorisé de stupéfiants.

De plus, l’équipe de la BAC Nord de jour a été dissolue et les 3 brigades de Marseille ont été regroupées et mutualisées par Manuel Valls (alors Ministre de l’Intérieur).

Parmi les 31 « baqueux » interpellés en octobre, 15 ont été mis en examen. Les autres ont été mis hors de cause et mutés dans d’autres services de police.

Parmi les 12 policiers de la BAC Nord à avoir été arrêtés en premier, 7 ont été mis en détention provisoire et 5 ont été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction d’exercer.

Tous encourent alors une peine de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans de réclusion.


Après avoir été incarcéré puis interné en psychiatrie, Bruno Carrasco, un des policiers de la BAC Nord les plus lourdement sanctionné, nous révèle ses mémoires de « baqueux » des quartiers Nord de Marseille au travers d’un livre intitulé « Sacrifié de la BAC Nord ».

De ses « gros coups » à ses faiblesses, Bruno Carrasco dévoile son quotidien de policier chargé de traquer les délinquants d’un des quartiers parmi les plus sensibles de France.

Suggestions :


Courant 2013, et en l’attente de leur passage devant le conseil de discipline, ils ont été remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire. Ils ont eu le droit de reprendre du service dans la police, dans des brigades différentes de la BAC, et en dehors de Bouches-du-Rhône.

À ce stade de l’enquête, aucune preuve d’enrichissement personnel ou de système organisé n’a pu être apportée. Mais elle a démontré des faits de récupération de cigarettes et stupéfiants lors de contrôles, des produits ensuite détruits ou remis à des indics.

Les accusés ont plaidé le manque de moyens et des objectifs de plus en plus difficiles à atteindre.

Notre groupe faisait 28 affaires par mois, il fallait forcément qu’on flirte avec les lignes

Un des accusés de la BAC Nord

Avec 4 000 interpellations par an, dont 45 % sur la voie publique, la BAC Nord était la meilleure de France. Elle était d’ailleurs mise sur un piédestal et permettait à certains hauts fonctionnaires de se faire encenser à bien des niveaux.

Les bruits de couloirs rapportent que nombre d’entre eux avaient eu vent des pratiques douteuses de la BAC Nord, mais la gloire étant au rendez-vous, les yeux, les oreilles et les bouches se sont fermées.

Aujourd’hui, faire la vierge effarouchée sur certaines pratiques, alors que ces pratiques ont profité à un service et des directeurs qui se sont fait mousser dans les médias, ça a quelque chose d’un peu abject

Une source policière

En décembre 2013, les sanctions sont tombées :

  • 3 révocations
  • 1 suspension de 24 mois dont 12 mois avec sursis
  • 1 suspension de 24 mois dont 15 mois avec sursis
  • 1 rétrogradation de brigadier à gardien de la paix

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22 avril 2021, 18 policiers de la BAC Nord devant la justice

9 ans après les faits, en avril 2021, les 18 « baqueux » mis en cause sont jugés au tribunal correctionnel de Marseille. Ils comparaissent libres.

Face à eux, seul Karim Menacer, un ancien dealer et repris de justice, s’est porté partie civile. Il accuse les policiers de lui avoir volé 9 000 € en 2012 lors d’une interpellation. Il ne sera pas présent durant les 10 jours de procès.

De son côté, le film BAC Nord de Cédric Jimenez, a été tourné et achevé bien avant que ce procès ne débute. Le réalisateur ne s’est donc pas basé sur le dénouement de l’affaire des flics ripoux de Marseille, quartier Nord.

BAC Nord : Policiers corrompus, vol et trafic de drogue, l'histoire vraie du scandale policier qui a défrayé la chronique
Bruno Carrasco, ancien policier de la BAC Nord, a été « Conseiller » avec deux autres anciens « baqueux » sur le film de C. Jimenez

Le procès débuté, il est palpable que le dossier de l’accusation manque de consistance. Une grande partie des écoutes réalisées en 2012 sont inaudibles ou difficilement compréhensibles.

Les retranscriptions qui avaient été faites à cette époque paraissent, elles aussi, manquer de justesse et fort peu consistantes.

Enfin, côté partie civile, c’est le désert quasi-total. Quelques bribes de conversations accablantes sont toutefois parfaitement audibles.

Certains « baqueux » ont d’ailleurs reconnus les faits, invoquant un pétage de plomb ponctuel, ou bien la politique du chiffre de la hiérarchie, ou encore, des vols pour pouvoir payer le « tonton » (l’indic) d’une autre cité.

À l’issu des 10 jours de procès où chaque accusé a été entendu, le verdict tombe. 7 policiers sont relaxés et les 11 autres écopent de peines allant de deux mois à un an de prison avec sursis.

Le parquet a fait appel, ciblé sur certains faits reprochés aux anciens policiers de la BAC Nord.

Seulement deux de ces policiers ne sont pas concernés par l’appel et sont donc définitivement blanchis.

Aujourd’hui, 15 d’entre eux sont policiers, dont un qui aurait réintégré la BAC. Les 3 autres avaient été révoqués après l’enquête de l’IGPN.

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