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Everest, l’histoire vraie et tragique derrière le film

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Le film « Everest » de Baltasar Kormakur, sorti en 2015, relate la terrible et meurtrière histoire d’alpinistes partis en mai 1996 pour réaliser l’ascension du Mt Everest, la montagne la plus haute et dangereuse du monde. Seulement, cette année-là, le climat était beaucoup moins clément que les années précédentes. Les 10 et 11 mai furent d’ailleurs particulièrement marqués par une tempête d’une violence extrême ayant entraîné la mort de plusieurs personnes en à peine 24 heures. Ce sont ces journées meurtrières qui sont racontées dans le film. Et ce qui est encore plus terrible, c’est que le film « Everest » est une histoire vraie.

Everest, le film d’une ascension meurtrière

Le film Everest est inspiré du livre « Tragédie de l’Everest » du journaliste Jon Krakauer, et des mémoires de Beck Weathers, les deux seuls survivants de l’expédition à l’issue tragique.

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Le 10 mai 1996, ils étaient 40 alpinistes à partir à l’assaut du sommet de l’Everest, à savoir, 8 849 mètres d’altitude. Tous étaient très enthousiastes et bien que conscient des dangers, ils partaient tout de même le cœur léger, d’autant plus qu’ils se trouvaient sur l’Everest pendant la période où le climat est le plus calme et clément de l’année.

Cette période dure environ 2 semaines et est censée être la période où il y a le moins de risques à affronter les pentes vertigineuses du Toit du Monde. C’est ce qui explique que c’est aussi la période où l’Everest est le plus fréquenté et frôle le tourisme de masse, d’autant plus que les expéditions commerciales commencent à devenir tendance et surtout, à minimiser les risques et laisser penser que l’Everest est accessible même aux alpinistes peu expérimentés.

Nous voilà donc embarqués dans ce périple au cœur de l’Himalaya, à suivre les déboires de plusieurs alpinistes qui ne sont pas encore conscients qu’ils vivent leurs derniers instants sur terre.

Parmi eux se trouvent Scott Fischer (joué par Jake Gyllenhaal) et Rob Hall (joué par Jason Clarke), deux alpinistes et guides aguerris qui mènent chacun une expédition. Tous deux ont monté leur boîte spécialisée dans l’ascension de l’Everest pour les touristes. Une expédition jusqu’au sommet coûte environ 65 000 $ par personne.

Rob Hall est à la tête de « Adventure Consultants ». Sur certains de ses tracts publicitaires datant de 1995, il promettait aux alpinistes amateurs de leur faire atteindre le sommet à coup sûr.

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Publicité de Adventure Consultant, 1995

De son côté, Scott Fischer, qui est la tête de « Mountain Madness », aimait à plaisanter sur la facilité de la fameuse route jaune, la route qui mène au point culminant de la planète.

Cette façon de démystifier l’Everest fait penser à n’importe quel alpiniste amateur que la montagne lui est accessible et sans dangers. C’est aussi ce qui provoque l’affluence de touristes mal préparés et pas habitués à l’alpinisme extrême, et de fait, qui augmente le nombre de grimpeurs qu’il faut évacuer d’urgence, ou bien aller récupérer ceux qui se sont perdus ou qui sont désorientés à cause du manque d’oxygène, sans parler des touristes qui y laissent un membre ou même leur vie.

Les touristes présents ce jour-là dans les expéditions de Scott et Rob sont des alpinistes expérimentés et d’autres moins.

Le film Everest nous plonge rapidement dans une atmosphère glaciale, où la nature se montre hostile à toute vie qui ose s’aventurer au-delà du raisonnable et minimiser sa puissance. Les personnages ne sont pas épargnés par les aléas de la vie, par les mauvaises décisions, ni par le climat versatile, cruel et sans pitié comme il sait si bien l’être en montagne, à des hauteurs qui défient la survie de n’importe quel organisme vivant.

Nous voyons ainsi peu à peu les aventuriers de l’extrême plonger dans l’horreur et l’effroi d’une aventure dont ils comprennent qu’ils n’en ressortiront pas vivants. Cette aventure glaciale est d’autant plus effroyable que l’on sait que c’est une histoire vraie, et que de véritables personnes ont vécu l’horreur telle que nous la voyons derrière l’écran.

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Quelque temps après leur sauvetage, Jon Krakauer et Beck Weathers, les deux seuls survivants de l’ascension de l’Everest du 10 mai 1996, ont fait le récit de leur mésaventure dont aucun d’eux n’est sorti indemne. Ce sont leurs récits qui ont servi à la réalisation du film « Everest ».

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L’histoire vraie du film « Everest », telle que racontée par les survivants

Le 10 mai 1996, Rob Hall et Scott Fischer, tous les deux à la tête d’expéditions commerciales, s’associent pour diriger deux groupes d’alpinistes vers le sommet de l’Everest.

Dans les groupes se trouvent entre autres, John Krakauer, un journaliste du magazine américain Outside (joué par Michael Kelly) qui est là afin de réaliser un reportage sur les expéditions dans l’Everest. Il y a aussi Beck Weathers, un médecin (joué par Josh Brolin) ; Yasuko Namba, une femme d’affaires japonaise ; Doug Hansen, un facteur américain qui s’est endetté pour pouvoir se payer cette expédition ; Andy Harris et Mike Groom, deux guides de montagne très expérimentés.

Toute la petite troupe est arrivée le 31 mars 1996 à Katmandou (1 400 m d’altitude). Ils durent faire une semaine de trek avant d’arriver au camp de base de l’Everest (5 300 m d’altitude). Là, ils découvrent un paysage loin des prospectus en papier glacé des expéditions touristiques extrêmes. En effet, le site est surpeuplé, les tentes semblent entassées les unes sur les autres et les déchets des grimpeurs jonchent le sol.

À cette altitude, les participants commencent à subir le mal des montagnes, à savoir de violents maux de tête, des sinusites extrêmement douloureuses, des nausées et des vertiges. Pendant plusieurs semaines, et pour s’acclimater à l’altitude, ils grimpent dans des camps d’altitude et passent de longs moments à se reposer pour ne pas trop souffrir de la diminution du taux d’oxygène.

En mai, ils profitent d’une fenêtre météo pour commencer leur expédition vers le sommet de l’Everest.

C’est ainsi que dans la nuit du 9 au 10 mai 1996, le groupe quitte le camp IV (8 000 m d’altitude) en direction du sommet. Deux expéditions les rejoignent, celle de Scott Fischer et une expédition taïwanaise. Cette dernière venait tout juste de perdre un alpiniste, qui selon leurs dires, serait « tombé au mauvais endroit au mauvais moment ».

Ce 10 mai, ils seront 40 alpinistes à gravir l’Everest dans l’espoir d’atteindre le sommet. Merci le tourisme de masse…

Arrivés à 8 350 m d’altitude, les grimpeurs ont la mauvaise surprise de constater que les cordages ne sont pas installés. Alors que sur l’Everest tout retard peut empêcher d’atteindre le sommet, ou même s’avérer fatal, les grimpeurs vont devoir attendre 1 heure sur place. Quelques centaines de mètres plus loin, ils doivent à nouveau patienter 1 heure avant que les cordes ne soient placées.

Il est déjà 14 heures. Plusieurs grimpeurs rebroussent alors chemin, préférant abandonner leur rêve d’atteindre le sommet plutôt que de continuer dans des conditions aussi dangereuses.

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L’expédition de Rob Hall

Avec déjà 2 heures de retard, l’expédition a maintenant dépassé les créneaux où l’ascension est encore relativement sécurisée. En effet, à une telle altitude, il est vital de ne pas perdre de temps. 2 heures de retard dans une telle expédition, c’est beaucoup trop long.

Il faut savoir que 14 heures est l’heure de référence qui garantit un retour au camp de base dans de bonnes conditions de visibilité. D’autant plus que sur l’Everest, la descente est bien plus dangereuse que la montée.

Mais Fischer et Hall estiment qu’il est encore possible d’atteindre le sommet. En même temps, n’ont-ils pas vendu à leurs clients « le sommet à coup sûr » ?

Malgré le risque, ils continuent donc vers le sommet avec les touristes restants.

Sont-ils conscients, à ce moment-là, que chacun transporte deux bouteilles d’oxygène de rechange, ce qui ne leur laisse de quoi respirer convenablement que jusqu’à 17 heures ?

Anatoli Bourkeev, un employé de Madness Mountain, a déjà atteint le sommet aux environs de 13 heures. Il reste sur place pour aider les membres des différentes expéditions à atteindre le sommet à leur tour. Après avoir aidé Yasuko Namba et John Krakauer, il redescend.

Vers 15 heures, les sherpas entament la descente. En chemin, ils croisent Doug Hansen. Ce dernier, ayant ses bouteilles d’oxygène vides, éprouve de grandes difficultés à continuer à monter. Rob Hall le rejoint rapidement et l’aide à atteindre le sommet.

À 15 h 30, de gros nuages menaçants apparaissent à l’horizon et la neige commence à tomber sur l’Everest. La neige tombe de façon intense et recouvre rapidement les pistes dont les alpinistes ont besoin pour retrouver leur chemin vers le camp IV.

Il est déjà plus de 16 heures lorsque Scott Fischer, Doug Hansen et Rob Hall arrivent au sommet. Le jour commence à décliner et une tempête de neige se prépare. Ils entament la descente.

Vers 18 heures, le blizzard devient de plus en plus violent, la neige vole en tous sens, le vent souffle à plus de 120 km/h et la température ressentie avoisine les -70 °C. Étant tous les trois éreintés et à court d’oxygène, ils n’arrivent plus à descendre et se retrouvent bloqués dans la tempête.

Les cordes fixes qui avaient été tendues quelques heures plus tôt sont maintenant ensevelies sous la neige et ne sont plus visibles. En tout, ce sont 17 alpinistes qui sont pris au piège sur la plus haute montagne du monde.

Lire aussi : Into the wild : L’histoire vraie de Christopher McCandless

Beck Weathers

Beck Weathers est un sportif aguerri qui s’est réfugié dans le sport pour lutter contre sa dépression et pour fuir son mariage qui bat de l’aile. C’est un homme en excellente condition physique. Mais ce jour-là, à son grand désarroi, il se rend compte qu’il n’y voit plus rien lorsque la luminosité est faible.

En effet, il s’est fait opérer des yeux 1 an auparavant. Mais ce qu’il ne savait pas, c’est qu’à cette altitude, la cornée opérée s’aplatit et peut rendre aveugle lorsque la luminosité faiblit.

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Beck Weathers avant l’ascension de l’Everest

Weathers préfère alors s’arrêter sur la route du sommet pour attendre que le soleil se lève. Vers 7 h 30, il se remet à avancer.

Quelques centaines de mètres plus loin, il s’essuie le visage avec son gant. Malheureusement pour lui, ce dernier était couvert de glace, ce qui lacéra la cornée de son œil droit. Il est à nouveau gêné par sa vue, et est maintenant coincé et incapable d’avancer alors qu’il était à moins de 500 m du sommet de l’Everest.

Ainsi bloqué à un peu plus de 8 000 m d’altitude, Hall lui demande de s’arrêter et de rester sur le bord et d’attendre qu’il redescende.

Si tu peux voir en 30 minutes, monte. Si tu ne peux pas, promets-moi de rester ici jusqu’à ce que je revienne

Rob Hall à Beck Weathers

Weathers obtempère et attend patiemment. À midi, trois membres de son groupe redescendent. Ils se sont retrouvés bloqués dans un « bouchon » d’alpinistes, ce qui les a empêchés d’atteindre le sommet à l’heure limite. Ils ont donc préféré faire demi-tour.

Weathers, qui aurait pu descendre avec eux, préféra tenir sa promesse et rester sur place. D’autres groupes descendirent ensuite, mais Rob ne changea pas d’avis et resta là. Il se donnait jusqu’à 15 heures avant de redescendre.

Finalement, 17 heures arrivent et Beck Weathers, inquiet pour Hall, ne fait pas attention à l’obscurité qui commence à tomber. Lorsqu’il se rend compte qu’il est à nouveau aveugle, il est déjà trop tard. Le froid le saisit, ses bouteilles d’eau coincées dans son manteau commencent à geler, et il réalise alors qu’il est pris au piège.

Un autre grimpeur passe devant lui. C’était Jon Krakauer qui descendait vers le campement. Il était épuisé. Il proposa à Beck de l’aider à descendre, mais ce dernier déclina. En effet, Weathers, qui s’était résigné à ne plus attendre Hall, voulait maintenant attendre Mike Groom, un des guides expérimenté qui pourrait l’aider à descendre dans des conditions pas trop catastrophiques.

Une demi-heure plus tard, Mike Groom arrive avec Yasuko Namba. Tous deux avaient atteint le sommet et redescendaient vers le camp. Toutefois, Yasuko était tellement épuisée qu’elle ressemblait à un cadavre ambulant.

Mike s’encorda avec Beck et ils prirent tous les trois le chemin du retour, accompagnés d’autres alpinistes retardataires. Il était maintenant environ 18 heures.

Alors qu’ils étaient à moins d’une heure du campement, la tempête les rattrapa. Ils furent rapidement plongés dans un épais nuage de glace et de neige, les empêchant d’y voir jusqu’à leurs pieds. Il faisait maintenant -70 ° C.

Les grimpeurs se sont serrés les uns contre les autres et ont essayé de continuer à avancer lentement. Weathers commençait à ne plus sentir une de ses mains. Il suivit le protocole, c’est-à-dire enlever deux des trois couches de gants et coincer sa main contre sa poitrine. Seulement, le froid était tellement violent, que sa main et son bras gelèrent de façon quasi-instantanée. Il perdit également ses deux gants extérieurs dans la tempête.

J’ai littéralement gelé à mort, et ce n’est pas plaisant. Mais on finit par ne plus du tout sentir le froid. On est comme anesthésié et on trouve une certaine paix quand la fin approche

Beck Weathers
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Les séquelles de Beck Weathers

Lorsqu’il y eut une accalmie, ils retrouvèrent le chemin du bivouac. Ils décidèrent alors que les alpinistes en forme aillent au camp IV le plus vite possible pour aller chercher de l’aide en urgence.

Weathers, Namba, Pittman et Fox acceptèrent de rester, tandis que Groom et deux autres alpinistes s’élançaient vers le camp IV.

S’endormir à des températures aussi basses signifie la mort. Alors les grimpeurs restants se sont serrés les uns contre les autres pour se réchauffer, se sont donné des coups de pieds et se sont crié dessus pour que chacun reste éveillé. Au petit matin du 11 mai, la tempête s’était calmée.

Une expédition de sauvetage envoyée par Anatoli Boukreev arriva jusqu’à eux. Stuart Hutchison et trois sherpas trouvèrent d’abord Beck et Yasuko ensevelis sous la neige. Tous deux, bien qu’ils respiraient encore, étaient comme morts. Ils décidèrent de les laisser là, et de continuer à chercher des personnes ayant une meilleure chance de survivre jusqu’au camp.

Vers 16 heures, Weathers qui avait déjà été annoncé comme mort à sa femme, ouvrit les yeux, se leva, se délesta de son équipement et marcha au hasard, pour finalement arriver au campement numéro quatre.

J’ai d’abord cru que je me trouvais bien au chaud dans mon lit. Puis mes idées se sont éclaircies. J’ai vu ma main sans gant, grise et morte

Beck Weathers

Alors qu’il apercevait les tentes du camp IV, Todd Burleson, le chef d’une autre expédition, apparut. Il vit que Weathers avait la peau du visage totalement noire, que sa veste était ouverte jusqu’à la taille et que son bras droit était complètement nu et figé au-dessus de sa tête.

Il l’installa dans une tente, le couvrit avec des duvets et le réchauffa avec des bouillottes. Tout le monde au camp pensait que Weathers ne passerait pas la nuit. Toutefois, le lendemain, il était bien vivant.

Ils l’aidèrent donc à regagner une altitude à laquelle un hélicoptère pourrait le prendre en charge.

Au cours de l’année suivante, il subit 11 opérations différentes pour ses mains et pour reconstruire son visage. Son nez a été reconstruit à partir de tissu greffé, et il a été amputé d’une partie de son bras droit, de plusieurs doigts de la main gauche et de quelques orteils.

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Beck Weathers après les opérations de chirurgie réparatrice

Scott Fischer

Scott Fischer a atteint le sommet vers 15 h 40. Il est resté là-haut une vingtaine de minutes et a dit à Lopsang, son sherpa, qu’il ne se sentait pas bien et avait besoin de médicaments. Son sherpa lui a alors demandé de redescendre immédiatement.

Vers 18 heures, Lopsang, qui était resté pour aider les retardataires, rattrape Fischer dans la descente. Lorsqu’il arrive à son niveau, il voit Fischer l’air hagard, sans masque à oxygène et en train de divaguer.

Je suis très malade, trop malade pour descendre. Je vais sauter

Scott Fischer

Lopsang lui replace correctement son masque à oxygène, et l’attache avec une corde pour l’aider à descendre et pour éviter qu’il ne se jette dans le vide. Ils descendent d’environ 100 m, puis Scott Fischer s’écroule. Lopsang se refuse à l’abandonner et reste alors avec lui.

Vers 20 heures, Makalu Gau Ming-Ho, le chef de l’expédition Taïwanaise arrive à leur niveau et reste avec eux. À 21 heures, Fischer demande à Lopsang de descendre et de demander de l’aide à Anatoli Boukreev, ce qu’il fait.

Le lendemain, deux sherpas viennent leur porter secours. Ils parviennent à sauver Makalu Gau Ming-Ho qui est très mal en point. Mais Scott Fischer est trop faible pour pouvoir être sauvé. Il respire à peine et dort d’un sommeil trop profond. Ils le laissent pour mort.

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Scott Fischer

Vers 17 heures, et malgré une journée éprouvante à essayer de sauver le maximum de touristes, Boukreev part tout de même pour essayer de secourir Fischer. Il atteint le bivouac de Fischer vers 19 h 30, mais c’est déjà trop tard.

Son masque à oxygène est autour du visage, mais la bouteille est vide. Il ne porte pas de mitaines, les mains complètement nues. Le vêtement en duvet est dézippé, retiré de son épaule, un bras est à l’extérieur des vêtements. Je ne peux rien faire. Scott est mort.

Anatoli Boukreev

On pense que Scott Fischer a été atteint par une forme grave du mal des montagnes qui aurait provoqué un œdème cérébral le faisant délirer.

En 2010, le corps de Scott Fischer a été retrouvé par des sherpas dans la « Dead Zone » de l’Everest, soit à plus de 8 000 m d’altitude, là où le niveau de l’oxygène ne dépasse pas un tiers de celui enregistré au niveau de la mer. Comme le souhaitait sa famille, le corps de Fischer a été laissé là, parfaitement conservé par le froid.

Scott Fischer était connu pour plaisanter sur la facilité de la route sud qui menait au sommet. Mais cette année-là, la montagne lui a rappelé qu’on ne se moque pas impunément de l’Everest.

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Les enfants de Scott Fischer devant le mémorial en hommage à leur père

Rob Hall

Le 10 mai, peu après 15 h 00, Rob Hall atteint le sommet de l’Everest. Mais ignorant toute prudence, il ne redescend pas et préfère aider Doug Hansen à accomplir le rêve de sa vie : atteindre le sommet du toit du monde.

Peu après 17 h 00, alors que les conditions météorologiques commencent à se détériorer, Rob Hall demande de l’aide par radio, disant qu’ils manquent d’oxygène et qu’Hansen est trop épuisé pour continuer.

À la radio, l’équipe d’IMAX qui était présente pour réaliser un documentaire, lui dit d’aller chercher les bouteilles de secours situées au sommet sud. Mais Rob, ne voulant pas abandonner Doug, refuse. 40 minutes plus tard, les deux hommes n’avaient toujours pas bougé de leur emplacement.

Le guide Andy Harris aurait alors fait demi-tour pour leur apporter de l’eau et de l’oxygène. Il aurait mis environ 30 minutes pour les rejoindre.

Vers 2 h 45 de matin, la radio de Rob Hall s’enclenche et réveille l’équipe postée au campement. Tout ce qu’ils entendent, c’est Rob crier à Hansen de continuer à bouger.

Aux alentours de 4 h 43, Rob Hall a de nouveau utilisé sa radio pour signaler qu’il se trouvait au niveau du sommet sud, qu’Hansen était parti (voulait-il dire mort ?), et que Harris avait réussi à les rejoindre, mais qu’il l’avait perdu de vue par la suite.

Il les informa également qu’il ne pouvait pas utiliser sa bouteille d’oxygène à cause de la glace qui avait bouché son détendeur.

Je suis foutu. Je suis au sommet sud. Je suis resté assis toute la nuit. Doug est parti

Rob Hall
Rob Hall ~ Complete Biography with Photos | Videos
Rob Hall

À 9 heures du matin, Rob prend à nouveau contact. Il informe le camp qu’il a réussi à désobstruer son détendeur, mais qu’il a les pieds et les mains gelés, ce qui le gêne énormément pour la descente et pour utiliser les cordes fixes.

Il sait qu’il est foutu et demande à ce qu’on lui vienne en aide. Malheureusement, les sherpas dépêchés pour lui porter secours doivent faire demi-tour avant d’atteindre sa position à cause de l’intensité de la tempête.

Vers 18 h 20, il demande à ce qu’on appelle Jan Arnold, sa femme enceinte 7 mois. Il discute un peu avec elle. Il lui dit qu’il va bien et lui demande de ne pas s’inquiéter.

Salut ma chérie, j’espère que tu es dans ton bon petit lit chaud. Comment vas-tu ?

– Je ne peux pas te dire à quel point je pense à toi ! Tu as l’air tellement mieux que ce à quoi je m’attendais. As-tu chaud, mon chéri ?

– Je suis raisonnablement à l’aise

– Comment vont tes pieds ?

– Je n’ai pas enlevé mes bottes pour vérifier, mais je pense que j’ai peut-être un peu d’engelures.

– J’ai hâte de te soigner quand tu rentreras. Je sais que tu vas être sauvé. Tu n’es pas seul. J’envoie toute mon énergie positive vers toi.

– Je t’aime. Dors bien, ma chérie. S’il te plaît, ne t’inquiète pas trop.

Les derniers mots de Rob Hall à sa femme

Rob Hall meurt peu de temps après.

Les alpinistes de l’expédition IMAX ont retrouvé son corps le 23 mai 1996, en dessous du sommet sud.

En 1999, Rob Hall reçu le New Zealand Bravery Star à titre posthume, afin de récompenser sa bravoure.

Andy Harris

Le film Everest prend quelques libertés concernant la mort d’Andy Harris. En effet, on n’a jamais retrouvé son corps et on ne sait pas de quoi il est mort. Seuls son piolet et son manteau ont été retrouvés non loin du corps de Rob Hall.

Tout ce que l’on sait, c’est qu’Andy Harris a bravé la tempête pour essayer de porter secours à Hall et Hansen, qu’il est parvenu jusqu’à eux et qu’ensuite, il a disparu à tout jamais.

Andy 'Harold' Harris
Andy Harris

L’hypothèse émise est qu’il a souffert du mal aigu des montagnes engendré par une forte hypoxie (manque d’oxygène). Il aurait alors probablement commencé à délirer et aurait erré jusqu’à tomber dans le coma et mourir gelé ou bien, jusqu’à tomber dans le vide.

Tous saluent son courage et sa dévotion.

Dans un geste vraiment héroïque de sa part, il a donné sa vie pour essayer de sauver celle de Doug. Cela dit à peu près tout ce que vous devez savoir sur le genre de gars qu’il était

Beck Weathers à propos d’Andy Harris

Doug Hansen

Là encore, on ne sait que peu de choses sur la mort de Doug Hansen. Il était épuisé et a peiné à atteindre le sommet de l’Everest. C’était pourtant son rêve depuis toujours, et il avait économisé toute sa vie et s’était endetté pour se payer un tel voyage.

Rob hall s’était pris d’affection pour Hansen et sa motivation incroyable. Alors, au lieu de descendre quand il en avait l’occasion, Rob préféra rester pour l’aider à atteindre le sommet.

Lorsque la tempête s’est levée, et avant même qu’elle se déchaîne et fasse tomber la température à – 70 ° C, Rob est resté avec Hansen.

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Doug Hansen

Doug Hansen a fini par perdre connaissance, sûrement à cause de l’épuisement couplé au manque d’oxygène.

On suppose qu’Hansen est probablement mort de froid alors qu’il était inconscient. Cependant, le corps de Doug Hansen n’a jamais été retrouvé.

Yasuko Namba

Pesant à peine 45 kilos, Yasuko Namba ne reviendra jamais de l’Everest. Elle rêvait pourtant de devenir la deuxième femme japonaise à gravir le sommet le plus haut de chacun des 7 continents. Mais sa faible masse corporelle fait d’elle une proie facile face pour le froid, la fatigue et l’hypothermie.

Elle se retrouve coincée dans la tempête lors de son retour vers le camp IV. Avec elle se trouvent Weathers et deux guides, Groom et Beidleman. La descente est fastidieuse et dangereuse. Vers minuit, grâce à une accalmie, ils aperçoivent le campement et peuvent aller dans sa direction.

Seulement, quatre d’entre eux sont trop faibles pour continuer, il s’agit de Weathers, Namba, Pittman et Fox. Les guides vont donc continuer seuls afin de ramener de l’aide le plus rapidement possible. Une fois au camp, ils avertissent Anatoli Borkeev.

Ce dernier dépêche une expédition pour leur porter secours. Au lever du jour, ils parviennent jusqu’à Yasuko Namba et Back Weathers, mais tous deux sont mourants. Les sherpas vont devoir les dégager de la glace qui était littéralement accrochée à leurs visages.

Yasuko Namba - Wikipedia
Yasuko Namba

Étant donné leur état, ils ne peuvent pas perdre de temps à essayer de les sauver alors qu’ils sont en train de mourir. Ils préfèrent aller porter secours à des personnes qu’il est encore possible de sauver.

C’est ainsi que, abandonnée dans la glace et la neige, Yasuko Namba mourut d’épuisement et de froid durant la nuit suivante.

Weathers quant à lui, et au vu de son état, fut, lui aussi, laissé pour mort.

L’expédition de sauvetage réussit toutefois à sauver Pittman et Fox.

Le corps de Yasuko a été retrouvé le 28 avril 1997 par Bourkeev. Il la recouvrit de pierre pour éviter qu’elle ne se fasse déchiqueter par les charognards. Il appela ensuite son mari afin de lui présenter ses excuses pour ne pas avoir pu sauver sa femme.

Cette année-là, le veuf financera une expédition afin de rapatrier le corps de sa femme.

Au total, 12 personnes ont perdu la vie dans la tempête du 10 mai 1996, dont huit personnes du groupe de Weathers et Krakauer.

La polémique Krakauer Vs Boukreev

Dans son livre, Krakauer pointe du doigt Anatoli Bourkeev qui, selon lui, a laissé des gens mourir en refusant de les ramener au camp IV. Mais les guides et chefs d’expédition qui connaissent parfaitement les contraintes de l’Everest pensent que Bourkeev a, au contraire, fait ce qu’il fallait et que grâce à son professionnalisme, il a pu sauver de nombreuses vies ce jour-là.

Bien que laissé pour mort plusieurs fois durant cette tempête, Weathers pense également qu’Anatoli Boukreev a agi comme il le devait, et qu’essayer de le sauver aurait sûrement entraîné la perte de plus de vies humaines.

Mais Krakauer, tout comme d’autres guides, s’accordent sur le fait que ce jour-là, Boukreev, qui devait aider les touristes de Mountain Madness à atteindre le sommet, a fait l’ascension sans apport d’oxygène. Et d’après eux, cette attitude a empêché Anatoli Boukreev de remplir son rôle de guide en étant au maximum de ses capacités.

Il est aussi soulevé qu’il est redescendu trop tôt et aurait peut-être dû rester jusqu’à ce que tout le monde soit arrivé au sommet.

Everest, l'histoire vraie et tragique derrière le film
Anatoli Boukreev

Boukreev est toutefois remonté deux fois vers le sommet alors que la tempête faisait rage. Il a risqué sa vie, mais a réussi à sauver trois alpinistes (Pittman, Fox et Madsen) qui s’étaient perdus dans la tempête.

De son côté, Boukreev a écrit un livre dans lequel il raconte ce qu’il a vécu durant la tempête du 10 mai 1996.

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The Climb: Tragic Ambitions on Everest The Climb: Tragic Ambitions on Everest Pas de notes 25,49 EUR 14,94 EUR
Above the Clouds: The Diaries of a... Above the Clouds: The Diaries of a... Pas de notes 19,40 EUR 16,02 EUR

Le 6 décembre 1997, le club alpin américain lui décerne le prix David A. Sowles pour sa bravoure lors du sauvetage des alpinistes de la tempête du 10 mai 1996.

Anatoli Boukreev est considéré comme un des plus grands alpinistes de haute altitude de son époque. Il a atteint les sommets de dix des quatorze sommets culminants à plus de 8 000 m d’altitude, sans apport d’oxygène.

Le 25 décembre 1997, Boukreev meurt emporté par une avalanche alors qu’il tentait une ascension hivernale de l’Annapurna par la face sud.

Aujourd’hui, on estime qu’il y a plus de 200 corps d’alpinistes figés à tout jamais sur le Mont Everest. Certains visibles, d’autres non. Certains doivent aussi être enjambés ou contournés pour pouvoir passer sur certaines pistes.

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