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Conjuring : Le cas Enfield, l’histoire vraie du poltergeist le plus célèbre d’Angleterre

Le deuxième volet de la saga Conjuring entraine Ed et Lorraine Warren sur les traces du poltergeist d’Enfield, un esprit qui a fait parler de lui dans toute l’Angleterre. Il a inspiré de nombreux livres, mais aussi une mini série « The Enfield Haunting » ou « Le Mystère Enfield » en français (crée par Kristoffer Niholm) et le fameux film « Conjuring 2 : The Enfield Poltergeist  » (de James Wan, qui est aussi à l’origine, entre autre, de Conjuring 1).

Si cet esprit frappeur est aussi célèbre, c’est parce qu’il a traumatisé Peggy Hodgson et ses 4 enfants, à tel point qu’elle finit par faire appel à la police puis aux médias en espérant que quelqu’un puisse l’aider. À partir de là, tout s’enchaine. Les faits de hantise sont si terrifiants, qu’ils font la une des tabloïds. Deux camps se divisent : ceux qui y croient et ceux qui crient au canular. Alors que s’est-il vraiment passé dans la maison du 284 Green Street ?

Conjuring 2 – Trailer VF

Ce qu’il s’est vraiment passé dans la maison d’Enfield

L’histoire vraie du film Conjuring 2, telle que racontée par Peggy Hodgson (la mère) aurait officiellement débuté dans la soirée du 30 août 1977. C’est en effet ce soir-là que les premiers faits d’évènements surnaturels remarqués par Peggy sont apparus dans la maison d’Enfield.

Conjuring : Le cas Enfield, l'histoire vraie du poltergeist le plus célèbre d'Angleterre
Peggy Hodgson et ses enfants

Comme dans le film, une planche Ouija est à l’origine de leur malheur

Officieusement, et d’après les écrits d’Ed Warren, l’infestation de la maison d’Enfield aurait commencé en 1976, après que les filles Hodgson se soient amusées avec une planche Ouija pour tromper l’ennui. Malheureusement pour elles, elles ont attiré une entité démoniaque dans leur maison.

En effet, l’utilisation d’une planche Ouija est pour n’importe quel esprit (malfaisant ou bienfaisant), ainsi que pour n’importe quelle entité démoniaque, une invitation à entrer dans le lieu où se déroule la séance de spiritisme.

Le couple Warren met d’ailleurs régulièrement en garde contre ce genre de pratique, puisque bon nombre des cas de hantise et de possession dont ils ont été témoins découle d’une séance spiritisme pratiquée par des personnes non-initiées et non préparée physiquement et spirituellement.

Ralph Sarchie (Délivre-nous du mal), a fait les mêmes constations que les Warren, et dans ses écrits, il met aussi en garde contre la pratique du spiritisme et des risques qui en découlent.

Mais, toujours d’après Ed Warren, le démon qui a commencé à hanter la maison Enfield serait entré accompagné de 6 autres entités, toutes bien décidées à rester dans la maison pour tourmenter les êtres humains qui y résident.

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Ainsi, quelques semaines après leur séance de communication avec les morts, les premiers signes d’infestation sont apparus dans la maison d’Enfield : des cognements, des griffures, des martèlements, etc, jusqu’à devenir de plus en plus gênants et violents que ceux qui ont attiré l’attention de Peggy Hodgson.

Janet, alors âgée de 11 ans, raconte un jour à sa mère, que les lits de ses frères bougent tout seuls. Comme elle n’avait rien remarqué de particulier, Peggy n’y prêta guère attention. Ses enfants lui dirent aussi qu’ils entendent tout le temps des bruits qui semblent venir de derrière les murs, mais là encore, Peggy n’avait encore rien remarqué d’anormal.

Des manifestations terrifiantes

Mais, cette nuit du 30 août 1977, Peggy entendit beaucoup de bruit provenant de l’étage. Pensant que ses enfants s’amusaient au lieu de dormir, elle alla voir dans la chambre. Là, une lourde commode en chêne se mit soudain à bouger toute seule. Peggy Hodgson essaya de l’arrêter alors qu’elle se dirigeait vers la porte. Elle comprit qu’une force surnaturelle avait essayé de les piéger dans la chambre.

Ça a commencé dans la chambre du fond, la commode a bougé et on pouvait entendre le bruit. Nous avons dit à notre mère ce qui se passait, et elle est venue voir par elle-même. Elle a vu la commode bouger. Quand elle a essayé de la repousser, elle n’a pas pu.

Janet Hodgson dans un documentaire pour Channel 4

Totalement terrorisée, Peggy alla chercher de l’aide auprès de ses voisins pour qu’ils l’aident à comprendre ce qui arrivait chez elle.

Les voisins vinrent donc chez les Hodgson, et ils entendirent, eux aussi, des bruits dans la maison, mais ne purent en identifier l’origine.

Conjuring : Le cas Enfield, l'histoire vraie du poltergeist le plus célèbre d'Angleterre
La maison hantée d’Enfield aujourd’hui

La police est aussi témoin des phénomènes paranormaux

Chaque jour, les évènements devenaient un peu plus effrayants. À tel point que la mère de famille, totalement terrorisée, finit par appeler la police.

Carolyn Heeps, un des deux agents de police à s’être déplacés, a signé une déclaration sous serment attestant qu’elle a vu un grand fauteuil se déplacer sur un peu plus d’un mètre sans que personne ne le touche. Elle atteste également avoir cherché d’éventuels fils, mais n’en n’aurait trouvé aucun.

Cependant, comme les policiers ne purent ni déterminer de cause, ni constater qu’un quelconque crime ait eu lieu, ils dirent à Madame Hudgson qu’ils ne pouvaient l’aider, car ce n’était pas là une affaire qui concernait la police.

La presse révèle le cas Enfield au public

De plus en plus désespérée, et sans personne pour lui venir en aide, Peggy Hodgson s’est alors tournée vers la presse. Le Daily Miror, intrigué par son histoire, dépêcha le journaliste Doug Bence et le photographe Graham Morris afin de déterminer s’il ne s’agissait pas là d’un canular.

Les deux journalistes étaient, eux aussi, sceptiques jusqu’à ce qu’ils voient des briques de Lego se mettre à voler partout autour d’eux.

À l’intérieur de la maison, les briques Lego des enfants volaient partout, si vite qu’on ne pouvait presque pas les voir… Les enfants criaient et l’une des briques a frappé le photographe au visage.

Doug Bence

Suite à cet incident, l’équipe du Daily Mirror a fait appel à la « Society for Psychical Research« . Ce sont Maurice Grosse, Anita Gregory et Guy Lyon Playfair qui se déplacèrent jusqu’à la maison hantée d’Enfield. Finalement, ils passèrent le reste de l’année à enquêter et à documenter les phénomènes paranormaux au sein de la demeure.

Ils prirent de nombreuses photographies et firent de nombreux enregistrements qui ne purent que les convaincre de la véracité des phénomènes surnaturels dans la maison d’Enfield. Leurs notes et enregistrements servirent aussi d’inspiration à James Wan pour réaliser le film Conjuring 2.

Mais, plus les mois passaient, plus l’activité paranormale s’intensifiait dans la maison du 284 Green Street. L’intensité des phénomènes était devenue terrifiante. Cela allait d’une cheminée carrément arrachée du mur, à des objets ou des personnes en lévitation, en passant par la possession apparente de Janet Hodgson.

Suite à cette possession, la plupart des activités se sont concentrées autour de la pauvre enfant qui a commencé à parler avec une voix étrange, grave et profonde. Une voix qui ressemblait étrangement à la voix d’un vieillard. Elle n’était à ce moment-là plus Janet, mais un dénommé « Bill ».

Le Mystère Enfield – Bande Annonce

Par l’intermédiaire de la jeune fille de 11 ans, Bill raconta que juste avant sa mort, il était devenu aveugle, puis suite à une hémorragie, il mourut dans son fauteuil dans le coin en bas. Après quelques investigations, il s’avéra qu’un certain Bill Wilkins avait vécu dans cette maison quelques années auparavant, et qu’il était mort d’une hémorragie cérébrale dans son fauteuil.

Mais le harcèlement des Hodgson venait de toute part. En effet, en plus de subir les assauts répétés du poltergeist de Bill et des autres esprits malfaisants, la presse passait leur histoire au microscope et, étant donné l’engouement des Anglais face à ce cas de hantise, de nombreuses émissions autour du cas Enfield était diffusées.

Des spécialistes de tout bord étaient invités et chacun y allait de sa théorie. Certains criaient à l’imposture et disaient que tout était faux et monté de toute pièce. Janet Hodgson fut accusée de faire de la ventriloquie, de sauter de son lit pour faire croire à une lévitation, ou encore, de se servir de quelques tours de magicien.

D’un autre côté, tous ceux ayant pénétré dans la maison hantée d’Enfield, ne pouvaient que clamer que tout était vrai et qu’ils avaient assisté à des phénomènes terrifiants et totalement inexpliqués.

Suite toutes ces émissions tendant à démontrer la supercherie, les camarades d’école des enfants Hodgson leur menaient la vie dure, et ne se privaient pas de se moquer d’eux et de les harceler, notamment Janet qu’ils surnommaient « Ghost Girl ».

Ed Warren enquête sur le cas Enfield

Finalement l’affaire se tassa et les journalistes ainsi que toutes les personnes présentent dans la maison conclurent à la présence d’un esprit frappeur (ou plusieurs) et finirent par partir sans dire à la famille comment se débarrasser de ces poltergeists.

En fait, et d’après Ed Warren, personne ne savait réellement quoi faire pour venir en aide à cette famille.

Durant l’été 1978, Ed Warren rendit ainsi visite à la famille Hodgson. Il sentit très rapidement qu’il y avait des phénomènes spirituels inhumains dans la maison. Il s’est ensuite rendu sur place plusieurs fois pour récolter des preuves afin d’obtenir le droit de l’église de pratiquer un exorcisme.

Ed raconte avoir vu des objets se matérialiser, des gens se mettre à léviter (notamment Janet), et avoir vu également de nombreuses formes sombres se manifester et flotter autour de la maison durant la nuit.

Il resta 1 semaine dans la maison Enfield et en profita pour interroger chacun des membres Hodgson séparément ainsi que tous ensemble. Durant son séjour, il fut témoin de phénomènes surnaturels, comme les filles en train de léviter ou des objets en train de flotter dans les airs puis exploser.

Ed Warren a aussi été témoin d’épisodes de possession de Janet, mais également de Margaret. Lorsqu’elle était possédée, l’une des filles essayait régulièrement de tuer sa mère.

Il raconte que les esprits étaient très bavards et prenaient un malin plaisir à parler entre eux à haute voix. Parfois ils parlaient tellement fort que leurs voix couvraient celles des vivants. Après vérification, personne ne put jamais trouver la présence d’un quelconque système pouvant diffuser des voix ou des sons dans la maison.

Ces voix étaient présentes depuis bien avant son arrivée. Et les membres de la British Society for Phsychical Research en avaient fait de nombreux enregistrements, qu’ils acceptèrent de lui confier.

Sur ces enregistrements, il est possible d’entendre les fantômes faire toutes sortes de bruits, comme des grognements ou des imitations d’animaux. Mais il est aussi possible de les entendre parler entre eux et se donner des directives comme, « éteins la lumière », « projette la table », « empêche cet homme de rentrer dans la pièce », etc.

Lorsqu’il essayait de communiquer avec eux, Ed avait très souvent affaire à un esprit se faisant appeler « Freddie ». Il eut aussi affaire à « Tommy », « Gutter-Man », « Zachary » et « Teddy-Man ».

De ce qu’Ed laisse ensuite entendre, c’est qu’il aurait fait venir un prêtre pour pratiquer un exorcisme. La famille Hodgson a ensuite déclaré que depuis la venue de cet exorciste, les phénomènes surnaturels se sont calmés.

Mais la famille qui acheta ensuite la maison a dit entendre des voix et voir la silhouette d’un homme entrer dans les pièces. Cette famille ne resta que deux mois dans la maison d’Enfield.

La famille Hodgson suspectée de supercherie

Tout au long de la médiatisation du cas Enfield, la famille a fait l’objet de nombreuses hypothèses quant à la possibilité que la mère et les filles ne faisaient ça que pour attirer l’attention, et que rien de tout ce qu’elles racontaient n’était vrai.

Elles ont été accusées de mener en bateau les journalistes sur place et de créer de fausses preuves. D’ailleurs, les filles Hodgson furent prises en flagrant délit de tordage de cuillères. Elles ont alors dit que c’était pour tester les compétences des personnes sur place.

Plus tard, Janet Hodgson déclara qu’elle et sa sœur avaient effectivement mis en scène environ 2 % des faits constatés dans la maison d’Enfield. Tout le reste était on ne peut plus vrai.

Maurice était en colère contre moi « Pourquoi avez-vous fait de fausses choses ? » Il y avait des moments où les choses se produisaient et des moments où elles ne se produisaient pas. Parfois, si les choses ne se produisaient pas, on avait en quelque sorte l’impression d’avoir échoué. On s’est donc senti obligé d’inventer des choses pour que les gens ne soient pas sceptiques à votre égard. C’est à peu près tout. De plus, on était ennuyé et frustré par tous les gens qui allaient et venaient. Je veux dire, la vie n’était pas normale.

Janet Hodgson au Telegraph

D’ailleurs, aussi bien Doug Bence et Graham Morris, que Maurice Grosse, Anita Gregory et Guy Lyon Playfair, ou même qu’Ed Warren, sont totalement convaincus d’avoir eu affaire dans cette maison à des phénomènes surnaturels totalement authentiques.

Les enregistrements de Maurice Grosse suivis d’une interview de Margaret et Peggy Hodgson 20 ans après les faits

Y a-t-il eu des dizaines de croix qui se sont retournées ?

Dans le film Conjuring 2 de James Wan, il y a une scène où on peut voir des dizaines de croix accrochées aux murs d’une pièce et se mettre à l’envers.

Mais parmi tous les phénomènes observés par les enquêteurs dans la maison d’Enfield, aucun ne fait état d’une croix ou même de plusieurs qui se seraient retournées.

En fait, il semblerait même que dans aucun cas de possession ou de hantise, les croix ne se retournent jamais.

D’ailleurs la croix retournée n’est pas un signe satanique comme on aime à l’imaginer. C’est la croix de Saint-Pierre qui aurait été crucifié à l’envers, car il ne s’estimait pas digne d’être crucifié comme Jésus.

Dans la religion chrétienne, certains portent la croix à l’envers en signe d’humilité par rapport à Jésus.

Bien sûr, dans l’anti-christianisme, la croix retournée est utilisée comme symbole d’opposition au christianisme et à Jésus, c’est pourquoi elle est souvent utilisée dans l’imagerie anti-religieuse pour représenter Satan (groupes de black metal, films d’horreur, etc.). Toutefois, il semble que les démons eux-mêmes, ne sont pas au courant de cette pratique…

Est-ce que Janet Hodgson a vraiment lévité ?

Dans Conjuring 2 on voit Janet Hodgson se mettre à léviter et être collée au plafond. Là encore, James Wan prend quelques libertés avec la réalité.

En effet, bien que Janet, et même Margaret, aient régulièrement été observées en train de léviter, les cas de lévitation n’étaient jamais aussi spectaculaires que dans le film.

Graham Morris avait installé un dispositif qui déclenchait automatiquement la prise de photos lorsqu’un mouvement était détecté. Il a ainsi pu prendre des clichés de Janet en train de léviter au-dessus de son lit, et on voit bien qu’elle ne monte pas aussi haut que dans Conjuring 2.

Conjuring : Le cas Enfield, l'histoire vraie du poltergeist le plus célèbre d'Angleterre
Janet Hodgson en train de léviter

Ces photos qui ont ensuite été publiées dans la presse, ont suscité une déferlante de critiques et de suspicion de supercherie. En effet, comment être certain(e) que Janet n’était pas tout simplement en train de sauter volontairement de son lit ?

Bien que Janet ait toujours affirmé que les cas de lévitation n’étaient jamais feints, et que deux témoins affirment avoir vu depuis la rue Janet en train de planer au-dessus de son lit, le doute subsiste malgré tout.

La dame m’a vu tourner en rond et me cogner contre la fenêtre. J’ai cru que j’allais en fait casser la fenêtre et être jetée par là

Janet Hodgson

Y avait-il vraiment un esprit aussi maléfique que Valak (La Nonne) ?

Heureusement pour les Hodgson, il n’y a jamais eu aucun un esprit aussi maléfique que Valak dans Conjuring 2.

D’ailleurs, La Nonne est une invention de toute pièce de James Wan pour pimenter encore un peu plus le film et augmenter l’effet de terreur sur les spectateurs.

Mais dans certaines sciences occultes, un démon nommé Volac (dont le nom est parfois écrit différemment : Valac, Valu, Valak ou encore Ualac) serait considéré comme le roi des démons et aurait le pouvoir de provoquer la luxure.

On ne lui prête pas l’apparence d’une nonne, mais plutôt celle d’un enfant avec des ailes (comme un angelot), mi-ange mi-démon et chevauchant un dragon à deux têtes.

Toutefois, James Wan s’est inspiré des récits de Lorraine Warren qui aurait raconté se sentir poursuivie par un démon qu’elle décrit se présenter sous la forme d’un vortex tourbillonnant comme une tornade cachée dans une capuche.

C’est une vision démoniaque qui ne hante que Lorraine Warren, qui n’attaque qu’elle. Je voulais quelque chose qui attaque sa foi. Et c’est là que l’idée de cette image très iconographique est apparue

James Wan
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