Justin le Juste est-il une histoire vraie ? Ce que raconte vraiment le film

Justin le Juste est-il inspiré d’une histoire vraie ? Le film d’Éric Barbier, sorti au cinéma le 23 septembre 2026 avec Alban Ivanov et Birane Ba, plonge dans les tranchées de la Première Guerre mondiale aux côtés d’un paysan naïf envoyé combattre malgré lui.

La réponse est non : Justin le Juste ne raconte pas l’histoire vraie d’un soldat ayant réellement existé. Le personnage de Justin est fictif et le scénario est adapté très librement du roman Justin-le-Juste ou La charrette, écrit par Jean Pompougnac et publié en 1967.

En revanche, le film s’appuie sur un contexte historique bien réel : la Première Guerre mondiale, les soldats français condamnés par les conseils de guerre, les exécutions pour désobéissance militaire, les tirailleurs sénégalais et les mutineries qui ont marqué l’armée française.

Voici donc ce qui est vrai, ce qui est inventé et ce que le film d’Éric Barbier transforme pour raconter son histoire.

Justin le Juste est-il une histoire vraie ?

Non, Justin le Juste n’est pas une histoire vraie au sens strict.

Justin, le paysan interprété par Alban Ivanov, n’a pas réellement existé. Son histoire n’est pas celle d’un soldat français identifié dans les archives et le film n’est pas l’adaptation d’un fait divers historique.

Le personnage vient du roman Justin-le-Juste ou La charrette, écrit par Jean Pompougnac en 1967. Éric Barbier s’est emparé de cette histoire pour en faire une adaptation très libre.

Le réalisateur explique d’ailleurs que son film est avant tout une fable, et qu’il ne cherchait pas à reproduire de manière réaliste chaque aspect de la Première Guerre mondiale.

AlloCiné revient sur l’origine du film et les déclarations d’Éric Barbier.

Qui est vraiment Justin ?

Dans le film, Justin est un paysan périgourdin qui vit principalement pour sa ferme lorsqu’il est mobilisé en 1915.

Il découvre alors une guerre qu’il ne comprend pas et se retrouve confronté à des ordres militaires, à la violence du front et à une justice militaire qu’il considère comme profondément injuste.

Cette situation est fictive, mais elle permet au film de s’intéresser à une réalité historique : pendant la Première Guerre mondiale, des soldats français ont effectivement été condamnés par les conseils de guerre, parfois à mort, pour des faits de désobéissance, de refus d’obéissance ou d’abandon de poste.

Le Sénat rappelle notamment le cas des fusillés de Flirey, en avril 1915.

Les fusillés de Flirey : un événement historique qui fait écho au film

Le 19 avril 1915, à Flirey, en Meurthe-et-Moselle, la 5e compagnie du 63e régiment d’infanterie est désignée pour participer à une attaque.

Les soldats estiment que ce n’est pas leur tour de monter en ligne et refusent de partir à l’assaut. Cinq hommes sont alors tirés au sort et jugés pour refus d’obéissance.

Quatre d’entre eux sont exécutés le 20 avril 1915.

Ils seront finalement réhabilités plusieurs années plus tard par la Cour spéciale de justice militaire.

Cet épisode fait partie de l’histoire des « fusillés pour l’exemple », des soldats condamnés par la justice militaire pendant la Première Guerre mondiale dans des circonstances qui ont ensuite fait l’objet de nombreuses contestations.

Le film ne raconte pas l’affaire de Flirey telle quelle. Il s’inspire plus largement de cette réalité historique pour construire son récit autour des injustices commises par la justice militaire.

Le Sénat détaille notamment l’affaire des fusillés de Flirey.

Que s’est-il réellement passé pendant les mutineries de 1917 ?

Le film évoque également la révolte des soldats contre certains ordres militaires. Là encore, le contexte historique est bien réel, mais il faut éviter de résumer les mutineries de 1917 à un simple refus général de combattre.

Après l’échec très coûteux de l’offensive du Chemin des Dames, au printemps 1917, des refus collectifs d’obéissance se multiplient dans l’armée française.

De mai à juin, les deux tiers des divisions françaises sont touchées par différentes formes de protestation et de désobéissance.

Les soldats contestent notamment la répétition d’offensives jugées inutiles ou trop coûteuses en vies humaines et refusent parfois de remonter en première ligne.

Il ne s’agit toutefois pas d’un refus général de faire la guerre. La majorité des soldats continuent à combattre et les mutineries restent essentiellement liées aux conditions et à la conduite de la guerre.

Les sanctions sont sévères : plusieurs milliers de soldats sont condamnés par les tribunaux militaires et des centaines de condamnations à mort sont prononcées, même si la plupart sont commuées. Les sources historiques recensent notamment 49 exécutions effectives pour 554 condamnations à mort dans le cadre de la répression des mutineries de 1917.

Le Ministère des Armées revient sur la crise des mutineries de 1917.

Cette réalité historique éclaire le propos du film : Justin n’est pas un personnage réel, mais les conflits qu’il rencontre avec la hiérarchie militaire s’inscrivent dans un contexte qui, lui, a réellement existé.

Basile, le tirailleur sénégalais, a-t-il existé ?

Non, Basile n’est pas un personnage historique précis.

Le personnage interprété par Birane Ba a été créé pour le scénario. Il ne figure pas dans le roman original de Jean Pompougnac.

Mais Éric Barbier ne l’a pas imaginé sans référence historique.

Le parcours de Basile puise notamment dans celui de Lamine Senghor, un ancien soldat sénégalais engagé dans l’armée française pendant la Première Guerre mondiale, qui deviendra ensuite une figure du mouvement anticolonial.

Le personnage de Basile permet ainsi au film d’aborder la présence des soldats issus de l’Empire colonial français dans la Première Guerre mondiale et la manière dont certains d’entre eux ont vécu la guerre et ses conséquences.

AlloCiné détaille les inspirations historiques du personnage de Basile.

Il faut donc distinguer le personnage fictif de Basile de la réalité historique dont son parcours s’inspire.

Marie Baratier, la journaliste, a-t-elle réellement existé ?

Là encore, Marie Baratier n’est pas une personne ayant réellement participé à l’histoire de Justin.

Le personnage joué par Alexandra Lamy a été créé pour le scénario.

En revanche, Éric Barbier s’est inspiré d’une journaliste ayant réellement existé : Annie De Pène.

Cette journaliste française a publié plusieurs textes pendant la Première Guerre mondiale et s’est notamment intéressée à la vie des soldats et des femmes à l’arrière.

Le réalisateur explique également que le prénom et le nom de son personnage constituent un clin d’œil à Albert Londres, Marie Baratier étant le nom de sa mère.

Le personnage de Marie est donc un bon exemple de la méthode utilisée par le film : un personnage fictif construit à partir d’une inspiration historique réelle.

Le Canard enchaîné a-t-il réellement joué un rôle dans l’histoire ?

C’est l’un des éléments du film qui mérite une précision.

Dans Justin le Juste, Marie Baratier est présentée comme une journaliste du Canard enchaîné qui s’intéresse aux injustices commises contre les soldats et contribue à les faire connaître.

Le choix du journal n’est pas anachronique.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Le Canard enchaîné existait bien pendant la Première Guerre mondiale : son premier numéro est publié le 10 septembre 1915.

Le journal disparaît toutefois après seulement cinq numéros avant de renaître en juillet 1916.

La Bibliothèque nationale de France confirme la création du Canard enchaîné en septembre 1915.

En revanche, le rôle que lui attribue le film dans la réforme de la justice militaire relève de la fiction.

Dans la réalité, Le Canard enchaîné n’a pas provoqué à lui seul l’abrogation ou la réforme de la justice militaire comme le suggère le récit.

La réforme importante de 1916 résulte notamment de l’action de parlementaires qui dénoncent les dérives des conseils de guerre.

Le film utilise donc un journal qui existait réellement, mais lui attribue un rôle narratif qui appartient à la fiction.

AlloCiné précise cette différence entre la réalité historique et le scénario du film.

Pourquoi le film mélange-t-il autant fiction et histoire ?

C’est volontaire.

Éric Barbier ne présente pas Justin le Juste comme une reconstitution historique stricte. Le réalisateur explique avoir voulu faire une fable et revendique une adaptation très libre du roman original.

Le film s’appuie notamment sur plusieurs références historiques et littéraires, mais il ne cherche pas à transformer Justin en véritable personnage historique.

Cette approche explique pourquoi certains événements ou personnages semblent plausibles historiquement tout en étant inventés pour les besoins du scénario.

Le réalisateur a notamment expliqué avoir été influencé par Les Aventures du brave soldat Švejk de Jaroslav Hašek ainsi que par les carnets de guerre de Louis Barthas, tout en faisant appel à des conseillers historiques pour les costumes et l’organisation militaire.

Les choix d’Éric Barbier sont détaillés dans les secrets de tournage d’AlloCiné.

Pourquoi la troisième partie de Justin le Juste est-elle particulièrement différente ?

Éric Barbier assume également une adaptation très libre, notamment dans la troisième partie du film.

Le roman de Jean Pompougnac constitue le point de départ du projet, mais le réalisateur et son équipe ont considérablement développé certains éléments pour construire leur propre récit.

C’est notamment à ce moment que les trajectoires de Justin, Basile et Marie prennent une dimension plus personnelle et politique.

Il est donc inutile de chercher dans les archives historiques un événement correspondant exactement à l’intrigue du film : Justin le Juste n’est pas la reconstitution d’une affaire réelle.

C’est une fiction historique construite à partir d’un roman, de faits réels et de plusieurs inspirations documentaires.

Marie et Basile ont-ils été inventés pour le film ?

Oui.

C’est l’une des différences importantes entre le roman et le film.

Marie et Basile ont été créés pour le scénario. Ils n’apparaissent pas dans le roman Justin-le-Juste ou La charrette sous cette forme.

Mais leurs personnages possèdent chacun des inspirations historiques :

  • Marie Baratier s’inspire notamment de la journaliste Annie De Pène ;
  • Basile puise notamment dans le parcours de Lamine Senghor ;
  • leur histoire personnelle dans le film reste toutefois fictive.

Cette distinction est importante : un personnage peut être inspiré d’une personne réelle sans raconter sa véritable histoire.

Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui est inventé dans Justin le Juste ?

Dans le filmRéalité historique
Justin, le paysan joué par Alban Ivanov❌ Personnage fictif
Le roman Justin-le-Juste ou La charrette✅ Roman réel de Jean Pompougnac, publié en 1967
La mobilisation des soldats français en 1915✅ Réalité historique
Les condamnations et exécutions de soldats français✅ Réalité historique
Les fusillés de Flirey✅ Événement réel de 1915
Basile❌ Personnage créé pour le scénario
Lamine Senghor, qui inspire notamment Basile✅ Personnage historique réel
Marie Baratier❌ Personnage créé pour le scénario
Annie De Pène, qui inspire notamment Marie✅ Journaliste réelle
Le Canard enchaîné en 1915✅ Le journal existe depuis septembre 1915
Le rôle de Marie et du journal dans l’intrigue❌ Fiction
Les mutineries de 1917✅ Événements historiques réels
Le parcours précis de Justin dans l’armée❌ Fiction
Les injustices liées à la justice militaire✅ Réalité historique
La troisième partie telle qu’elle est racontée dans le film❌ Adaptation libre

Justin le Juste est-il inspiré d’un vrai soldat ?

Non.

Justin n’est pas inspiré d’un soldat précis ayant réellement combattu pendant la Première Guerre mondiale.

Le personnage vient du roman de Jean Pompougnac et a été repris et transformé par Éric Barbier.

Le film lui donne cependant une place au milieu de situations qui ont réellement existé : mobilisation, vie dans les tranchées, désobéissance militaire, conseils de guerre et condamnations de soldats.

C’est ce mélange qui peut donner l’impression que Justin lui-même a existé.

Le film raconte-t-il la véritable histoire des soldats fusillés pendant la Première Guerre mondiale ?

Pas exactement.

Justin le Juste ne raconte pas l’histoire d’un fusillé pour l’exemple en particulier.

En revanche, le film s’inspire clairement de cette réalité historique pour construire son intrigue.

Pendant la Première Guerre mondiale, plusieurs centaines de soldats français ont été exécutés après avoir été condamnés par la justice militaire. Certains l’ont été pour des faits de désobéissance, de refus d’obéissance ou d’abandon de poste.

Des cas comme ceux de Flirey ou de Souain sont devenus emblématiques de cette histoire.

Une partie de ces soldats ont ensuite été réhabilités.

Le film transforme cette réalité en récit de fiction afin de dénoncer l’absurdité de certains ordres et les injustices de la justice militaire.

Alban Ivanov joue-t-il un personnage réel ?

Non.

Alban Ivanov interprète Justin, un personnage fictif.

Le comédien ne joue donc pas un véritable soldat de la Première Guerre mondiale dont on connaîtrait l’existence historique.

Le film repose justement sur cette opposition entre un personnage volontairement naïf et une réalité historique extrêmement violente.

La rencontre de Justin avec Basile lui permet progressivement de comprendre ce qui se joue autour de lui et de remettre en question les ordres qui lui sont donnés.

Le film Justin le Juste est-il fidèle à la Première Guerre mondiale ?

Il est historiquement contextualisé, mais ce n’est pas une reconstitution historique au sens strict.

Les éléments de contexte sont réels : la mobilisation de 1915, les tranchées, les soldats coloniaux, les conseils de guerre, les condamnations pour désobéissance et les mutineries.

Mais l’histoire de Justin, Basile et Marie est une fiction.

Éric Barbier assume d’ailleurs cette approche en présentant son film comme une fable plutôt que comme une reconstitution minutieuse de la guerre de 1914-1918.

C’est donc plus juste de parler d’un film de fiction historique inspiré de réalités de la Première Guerre mondiale que d’une véritable histoire vraie.

Quel est le véritable message de Justin le Juste ?

Le film utilise l’histoire de Justin pour interroger l’obéissance, la guerre et la responsabilité des autorités militaires.

Justin commence comme un homme qui ne comprend pas vraiment ce qu’on lui demande de faire. Son expérience de la guerre l’amène progressivement à remettre en question les ordres qui lui sont donnés.

Le film ne prétend pas que son personnage a réellement existé.

Son intérêt historique vient plutôt du contraste entre la naïveté d’un personnage fictif et la violence bien réelle de la Première Guerre mondiale.

Justin le Juste : histoire vraie ou fiction ? Notre verdict

Justin le Juste est une fiction, pas une histoire vraie.

Justin n’a jamais existé et son parcours n’est pas celui d’un soldat réel.

Le film est adapté du roman Justin-le-Juste ou La charrette de Jean Pompougnac, publié en 1967, et Éric Barbier en a fait une adaptation très libre.

En revanche, le réalisateur s’appuie sur des réalités historiques bien documentées : les soldats français condamnés par les conseils de guerre, les fusillés pour l’exemple, les mutineries de 1917, la présence des tirailleurs sénégalais et les conditions extrêmement dures de la Première Guerre mondiale.

En résumé :

Justin le Juste n’est pas une histoire vraie, mais une fiction qui s’appuie sur une réalité historique.

C’est probablement la meilleure manière de comprendre le film : Justin est inventé, mais le monde dans lequel il évolue a, lui, réellement existé.

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