Rapaces est-il une histoire vraie ? Le thriller de Peter Dourountzis, porté par Sami Bouajila et Mallory Wanecque, s’inspire bien d’une affaire criminelle française qui a marqué les esprits : le meurtre d’Élodie Kulik, en 2002. Mais attention : le film ne raconte pas directement cette affaire.
Le scénario original était inspiré du dossier Kulik par Christophe Cantoni, ancien journaliste de Détective qui avait couvert l’affaire. Lorsque Peter Dourountzis rejoint le projet, il décide cependant de reprendre profondément le scénario pour créer une fiction autour du travail des journalistes spécialisés dans les faits divers. Le résultat est donc un film inspiré d’une histoire vraie, mais largement fictionnalisé. Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma
Rapaces est-il inspiré d’une histoire vraie ?
Oui, mais très librement.
Dans Rapaces, Samuel, journaliste spécialisé dans les faits divers, enquête avec sa fille Ava sur le meurtre d’une jeune femme attaquée à l’acide. En cherchant à comprendre ce crime, ils découvrent des similitudes avec une autre affaire et soupçonnent l’existence d’un criminel récidiviste. Netflix
Cette intrigue n’est pas celle d’Élodie Kulik.
En revanche, le point de départ du projet est directement lié à cette affaire. Le scénariste Christophe Cantoni travaillait autrefois pour Détective et avait couvert le meurtre d’Élodie Kulik. Son scénario original s’en inspirait. Peter Dourountzis explique ensuite avoir été davantage intéressé par l’univers des journalistes de faits divers que par la possibilité de raconter l’affaire telle quelle. Il a donc demandé à pouvoir réécrire le scénario. Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma Dossier de presse de Rapaces – UniFrance
C’est cette étape qui change beaucoup de choses.
Rapaces n’est donc ni un biopic d’Élodie Kulik ni une reconstitution de son meurtre. C’est une fiction née d’un fait divers réel.
Quelle est la véritable histoire derrière Rapaces ?
L’affaire à l’origine du projet est celle d’Élodie Kulik, une jeune femme de 24 ans qui travaillait comme directrice d’agence bancaire à Péronne, dans la Somme.
Dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, alors qu’elle rentre chez elle après avoir dîné avec un ami, Élodie Kulik est victime d’un accident sur une route départementale.
Elle appelle alors les secours.
Mais avant leur arrivée, elle est enlevée. Son corps est retrouvé le 12 janvier 2002 à Tertry, dans la Somme. L’enquête établira qu’elle a été violée, étranglée puis partiellement brûlée. Le Monde
L’un des éléments les plus importants du dossier est précisément cet appel aux secours passé par Élodie avant sa mort.
L’enregistrement, d’une durée d’environ 26 secondes, permet d’entendre plusieurs voix masculines en arrière-plan. Il deviendra par la suite un élément majeur de l’enquête. RTL
Pourquoi l’enquête a-t-elle duré dix ans ?
Pendant plusieurs années, les enquêteurs ne parviennent pas à identifier les auteurs du crime.
L’enquête connaît finalement un tournant en 2012, dix ans après les faits, grâce à une technique de recherche génétique permettant de remonter jusqu’à la famille d’un suspect.
L’ADN retrouvé sur la scène de crime permet d’identifier Grégory Wiart. Mais il est déjà mort depuis 2003 dans un accident de la route.
Les enquêteurs se tournent alors vers son entourage. Cette piste les conduit notamment vers Willy Bardon, dont plusieurs proches reconnaissent la voix sur l’enregistrement de l’appel d’Élodie. Le Monde TF1 Info
Que s’est-il passé pour Willy Bardon ?
Willy Bardon a toujours contesté son implication dans le crime.
Il est pourtant condamné en 2019 à trente ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de la Somme.
L’affaire fait ensuite l’objet d’un procès en appel. En juillet 2021, la cour d’assises d’appel du Nord confirme sa condamnation à trente ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, la séquestration, le viol en réunion et la mort d’Élodie Kulik. TF1 Info
Willy Bardon conteste toujours sa culpabilité et forme un pourvoi en cassation.
La Cour de cassation rejette ce pourvoi en novembre 2022, confirmant ainsi sa condamnation. Une requête déposée ensuite devant la Cour européenne des droits de l’homme est déclarée irrecevable en septembre 2023. Le Parisien Le Parisien
L’affaire judiciaire ne doit donc pas être confondue avec l’intrigue de Rapaces.
Samuel et Ava existent-ils vraiment ?
Non.
Samuel, interprété par Sami Bouajila, et Ava, jouée par Mallory Wanecque, sont des personnages de fiction.
Le film imagine un journaliste spécialisé dans les faits divers travaillant pour Détective, accompagné de sa propre fille qui effectue un stage au sein de la rédaction. Netflix
Cette relation père-fille n’est pas une transposition de personnages réels de l’affaire Élodie Kulik.
Elle permet à Peter Dourountzis d’explorer autre chose que le simple fait divers : la relation entre un père et sa fille, les méthodes des journalistes spécialisés et les limites qu’un enquêteur peut franchir lorsqu’il devient obsédé par une affaire.
Le réalisateur explique d’ailleurs dans le dossier de presse du film qu’il était particulièrement intéressé par l’univers de Détective et par la possibilité de faire de ses journalistes les héros du récit. Dossier de presse de Rapaces – UniFrance
L’affaire de la jeune femme attaquée à l’acide est-elle réelle ?
Non, pas sous cette forme.
C’est une différence importante.
Dans Rapaces, Samuel et Ava enquêtent sur le meurtre d’une jeune femme attaquée à l’acide. Ce crime constitue le point de départ de leur enquête et les conduit à rechercher un éventuel lien avec une autre victime.
Il ne s’agit pas d’une reconstitution du meurtre d’Élodie Kulik.
Le fait divers réel a donc fourni au projet une partie de son ADN : une jeune femme victime d’un féminicide, une enquête longue et complexe, l’intérêt des journalistes de Détective et la question d’un éventuel criminel ayant déjà fait d’autres victimes.
Mais les personnages, le meurtre central du film et l’enquête racontée à l’écran appartiennent à la fiction.
Rapaces raconte-t-il vraiment l’affaire Élodie Kulik ?
C’est là que le film peut facilement être mal compris.
Dire que Rapaces « raconte l’affaire Élodie Kulik » serait trop simplificateur.
Le film est inspiré de cette affaire, mais Peter Dourountzis s’en est volontairement éloigné lorsqu’il a repris le scénario.
Le réalisateur explique que le scénario proposé au départ par Christophe Cantoni était inspiré de l’affaire Kulik. Mais il n’était pas totalement convaincu par cette première version et a demandé à la réécrire. Ce qui l’intéressait particulièrement était l’univers dans lequel se déroulait l’histoire : celui des journalistes spécialisés dans les faits divers. Dossier de presse de Rapaces – UniFrance
Le film a donc conservé l’inspiration réelle, tout en construisant sa propre intrigue.
C’est la raison pour laquelle il vaut mieux parler de fiction inspirée d’un fait divers réel que d’« histoire vraie ».
Pourquoi Peter Dourountzis s’est-il éloigné de l’affaire réelle ?
Le choix est assez logique au regard du film.
Plutôt que de refaire l’enquête sur Élodie Kulik, le réalisateur s’intéresse au regard porté sur les faits divers : qui raconte ces crimes ? Comment les journalistes travaillent-ils ? Jusqu’où peuvent-ils aller pour obtenir une information ? Et que se passe-t-il lorsque l’enquête journalistique devient personnelle ?
Cette approche permet également au film de ne pas transformer l’affaire Kulik en simple thriller à suspense.
Le point de départ est réel, mais Rapaces cherche surtout à raconter une autre histoire à partir de cette matière réelle.
Rapaces sur Netflix : le film est-il disponible ?
Oui. Après sa sortie au cinéma en France le 2 juillet 2025, Rapaces arrive sur Netflix France le 2 octobre 2026. Le film dure environ 1 h 44 et réunit notamment Sami Bouajila, Mallory Wanecque et Jean-Pierre Darroussin. Netflix AlloCiné
Quel est le casting de Rapaces ?
Sami Bouajila interprète Samuel, le journaliste au centre de l’enquête.
Mallory Wanecque joue Ava, sa fille et stagiaire au sein de la rédaction.
Le casting comprend également Jean-Pierre Darroussin, Valérie Donzelli, Stefan Crepon, Andréa Bescond, Gilles Cohen, Samuel Jouy et Paul Hamy. Netflix
Alors, Rapaces est-il une histoire vraie ?
Pas exactement.
Rapaces est une fiction inspirée de l’affaire Élodie Kulik, mais il ne raconte pas directement la véritable histoire de cette jeune femme.
L’affaire Kulik a servi de point de départ au scénario original écrit par Christophe Cantoni, ancien journaliste de Détective. Peter Dourountzis a ensuite profondément retravaillé le projet pour construire une intrigue fictive centrée sur deux journalistes, Samuel et Ava, et sur leur enquête autour d’un féminicide.
En résumé
| Dans la réalité | Dans Rapaces |
|---|---|
| Élodie Kulik, 24 ans, est assassinée en 2002 dans la Somme | Une jeune femme est assassinée après avoir été attaquée à l’acide |
| Son appel aux secours devient un élément majeur de l’enquête | Les journalistes mènent leur propre enquête |
| Grégory Wiart est identifié grâce à son ADN, après sa mort | L’intrigue imagine une enquête différente |
| Willy Bardon est condamné à 30 ans de réclusion | Samuel et Ava sont des personnages fictifs |
| L’affaire est réelle et a donné lieu à plusieurs procédures judiciaires | Le film utilise cette affaire comme inspiration, puis s’en éloigne |
La bonne réponse est donc : oui, Rapaces est inspiré d’une histoire vraie, mais non, le film ne raconte pas fidèlement l’affaire Élodie Kulik.
C’est une nuance importante, car le film s’inspire moins des événements eux-mêmes que du fait divers et de l’univers journalistique qui les entourait.
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Sources
- Netflix – Rapaces
- Auvergne-Rhône-Alpes Cinéma – entretien avec Peter Dourountzis et Mallory Wanecque
- UniFrance – dossier de presse de Rapaces
- Le Monde – l’enquête sur le meurtre d’Élodie Kulik
- TF1 Info – condamnation de Willy Bardon en appel
- Le Parisien – rejet du pourvoi en cassation
- Le Parisien – rejet de la requête devant la CEDH